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Pêches et Océans Canada
     
   






LA VALEUR ÉCONOMIQUE DES
RESSOURCES ASSOCIÉES À LA MER
AU NOUVEAU-BRUNSWICK



Préparé pour
le ministère des Pêches et de l'Aquaculture du Nouveau-
Brunswick
et
le ministère des Pêches et des Océans




Équipe de recherche
Maurice Mandale - Mandale Consulting, Sackville (N.-B)
Michael E. Foster - Canmac Economics Ltd., Lower Sackville (N.-É.)
P.Y. Chiasson - P.Y. Chiasson & Associates, Moncton (N.-B.)




Mai 2000
Valeur des ressources associées à la mer
2
Table des matières
Page
Sommaire
3
Remerciements
8
Glossaire
11

Chapitre
un
-
Introduction
14
1.1
Contexte
14
1.2
Définition
du
secteur
maritime
16
1.3
Aperçu
de
la
méthodologie
17
1.4
Structure de base de l'économie du Nouveau-Brunswick
18
1.5
Évaluation de l'importance du secteur maritime :
l'expérience du Canada et d'autres pays
20

Chapitre deux - Le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
Industries privées et ministères gouvernementaux
23
2.1
Secteur
privé
24
2.1.1
Pêche
traditionnelle
et
aquaculture 24
2.1.2 Transformation et fabrication associées à la mer
31
2.1.3
Services
associés
à
la
mer
36
2.2
Secteur
public 47
2.3
Division de l'activité économique entre le golfe
 du Saint-Laurent et la baie de Fundy
52
2.4
Sommaire des secteurs privé et public réunis
55
Chapitre trois - Étude des impacts plus vastes du secteur
maritime : effets directs, indirects et induits
57
3.1
Résultats
de
l'impact
économique
57
3.2
Impacts
sur
le
PIB
58
3.3
Impacts sur le revenu des ménages
61
3.4
Impacts
sur
l'emploi
64
3.5
Sommaire
de
l'impact
total
67

Chapitre
quatre
-
Conclusions
71

Annexe A - Sommaire et brève analyse de la qualité des données
74
Annexe B - Le modèle d'entrées-sorties du Nouveau-Brunswick
80
Valeur des ressources associées à la mer
3
Sommaire
La valeur économique des ressources associées à la mer au
Nouveau-Brunswick

Le présent projet visait principalement à estimer l'importance du secteur maritime
pour l'économie du Nouveau-Brunswick et à mettre au point une méthodologie qui
 permettrait de faire cette estimation plus facilement à l'avenir.

Le secteur maritime comprend les industries privées et les ministères
gouvernementaux qui dépendent de la mer en tant que ressource ou qui l'utilisent comme
 moyen de transport, d'exploitation ou d'innovation.

L'importance économique du secteur maritime peut être révélée de plusieurs
façons. Il est possible par exemple de calculer les contributions directe et indirecte du
 secteur maritime au produit intérieur brut (PIB), le nombre de personnes que le secteur
 emploie, et le montant des traitements et des salaires que ces personnes rapportent dans
 leur foyer. Nous avons utilisé la moyenne de trois années, 1995, 1996 et 1997, pour
 calculer l'impact net de ces contributions. Les résultats sont résumés au tableau S.1 et au
 diagramme S.1.
Tableau S.1. Le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
Sommaire de l'impact économique
Impact direct
Impact total
Impact
% du total du
N.-B.
Impact
% du total du
N.-B.
PIB
609,6 millions de $
4,3
1 032,2 millions de $
7,2
Revenu des ménages
369,2 millions de $
4,1
821,2 millions de $
9,2
Emploi
15 090 emplois
4,8
26 553 emplois
8,5
Diagramme S.1. Le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
Sommaire de l'impact économique
Valeur des ressources associées à la mer
4
Le tableau S.1 et le diagramme S.1 montrent l'impact direct et l'impact total
(somme des impacts direct, indirect et induit) du secteur maritime. Les calculs sont
 effectués à partir des tableaux d'entrées-sorties du Nouveau-Brunswick, préparés par
 Canmac Economics Limited, qui comprennent une série d'activités économiques
 associées, dans une plus ou moins grande mesure, aux ressources marines. La liste
 n'inclut pas toutes les activités associées à la mer, mais seulement celles pour lesquelles
 des données pouvaient être facilement obtenues ou estimées. L'équipe de recherche
 conclut que ces données couvrent la grande majorité des activités pertinentes. Elle a fait
 des estimations prudentes des impacts et elle considère donc les résultats obtenus comme
 étant sans doute inférieurs aux résultats réels.

La contribution directe totale du secteur maritime au PIB du Nouveau-Brunswick
s'élève à près de 610 millions de dollars, ou 4,3 % du PIB de la province. Le secteur
 maritime se compare favorablement à l'important secteur forestier (bois d'oeuvre, pâtes
 et papiers) dont la contribution directe à l'économie provinciale est de 4,5 %. Lorsque
 nous ajoutons les effets indirects et induits du secteur maritime, sa contribution au PIB
 augmente à 7,2 %, ou plus d'un milliard de dollars.

De plus, la contribution directe du secteur maritime du Nouveau-Brunswick au
revenu des ménages est de 4,1 % (près de 370 millions de dollars) et sa contribution
 totale est de 9,2 % (plus de 820 millions de dollars). Ce secteur a donc une influence
 considérable sur les dépenses des familles et sur les ventes au détail, en particulier dans
 un grand nombre de petites communautés côtières.
Dans le domaine de l'emploi, l'impact direct du secteur maritime est de 4,8 %
(environ 15 000 emplois) et son impact total est de 8,5 % (plus de 26 550 emplois).
 Selon ces chiffres, environ un emploi sur douze doit son existence à des activités
 économiques associées à la mer au Nouveau-Brunswick. Cette proportion est
 considérablement plus élevée dans les communautés côtières. Le tableau S.2 (page III)
 précise la contribution des industries privées et des ministères gouvernementaux au
 secteur maritime du Nouveau-Brunswick, par ordre descendant d'importance.
 
Le secteur privé est responsable de la plus grande partie de l'impact économique
(de 88 à 89 % du total du secteur maritime) pour les trois indicateurs (PIB, revenu des
 ménages et emploi). Bien que faible, la proportion représentée par le secteur public est
 importante à cause du rôle essentiel de gestion et de réglementation que joue celui-ci.

Aux fins de la présente étude, nous avons déterminé la présence de dix industries
privées associées à la mer. Trois d'entre elles, la transformation du poisson, la pêche
 traditionnelle et l'aquaculture (classées respectivement en première, quatrième et
 cinquième place), sont responsables de plus de la moitié de l'impact total du secteur
 maritime. La construction de navires et d'embarcations, et les ports (classés deuxième et
 troisième dans l'ensemble) s'ajoutent aux trois industries susmentionnées pour former les
 cinq principales industries du point de vue de l'activité économique. Par rapport au total
 du secteur privé d'une part et au total général de l'ensemble des secteurs privé et public
 d'autre part, la contribution de ces cinq industries correspond, respectivement, aux
Valeur des ressources associées à la mer
5
pourcentages suivants : 94 % et 89 % du PIB, 95 % et 88 % du revenu des ménages, et
 94 % et 88 % de l'emploi.
Tableau S.2. Le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
Sommaire de l'impact économique total (moyenne de 1995 à 1997)
PIB total
Revenu total
des ménages
Nombre total
d'emplois
Rang général
(a)
- millions de dollars -
Transformation du poisson
359,9
272,4
7 031
1
Ports 140,9
174,7
6
115
2
Construction de navires et
 d'embarcations
232,1 158,1 4
690
3
Pêche traditionnelle
98,2
63,0
3 492
4
Aquaculture 88,0
54,7
2
048
5
Pêches et Océans Canada (b)
30,5
38,0
1 168
6
Traversiers 22,4
14,4
585
7
Écotourisme 17,1
13,4
498
8
Construction maritime
12,0
10,5
350
9
Pêches et Aquaculture, N.-B. (b)
11,6
10,3
232
10
Environnement Canada (b)
6,6
7,5
198
11
Recherche et services connexes
3,2
2,3
88
12
Technologie marine
8,4
1,4
43
13
Environnement, N.-B. (b)
0,3
0,5
15
14
TOTAL DU SECTEUR PRIVÉ
982,2
764,9
24 940
TOTAL DU SECTEUR PUBLIC
49,0
56,3
1 613
TOTAL GÉNÉRAL
1 031,2
821,2
26 553
Total pour l'économie du N.-B.
14 295,3
8 945,0
314 000
Secteur maritime, en % du N.-B.
7,2
9,2
8,5
(a) Le rang général est obtenu simplement en faisant le total des rangs des différents indicateurs.
 (b) Secteur public. 

Les autres industries privées importantes sont, par ordre descendant, les services
de traversiers, l'écotourisme, la construction maritime, la recherche et les services
 connexes, et la technologie marine. Bien que leur part relative de l'impact total soit
 faible (environ 6 % du total du PIB attribuable aux ressources associées à la mer), elles
 sont importantes à cause de leur potentiel considérable, en particulier dans le cas de
 l'écotourisme, des services de recherche, et de la technologie marine.

Du côté du secteur public associé à la mer, le représentant dont la présence a le
plus d'influence est le ministère des Pêches et des Océans (MPO) qui, en vertu de la Loi
 sur les océans
, a un mandat très large de gestion et de réglementation des activités
 associées à la mer. Le rôle du MPO est complété par celui du ministère des Pêches et de
 l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick. Le mandat d'Environnement Canada et celui du
 ministère de l'Environnement du Nouveau-Brunswick comprennent également des
 activités associées à la mer, de sorte que ces deux ministères contribuent à l'économie du
 secteur maritime.
Valeur des ressources associées à la mer
6
Tous les domaines du secteur maritime sont cycliques. Par exemple, bien que
l'industrie de la construction des navires ait été solide jusque vers le milieu des années
 1990, elle dépérit actuellement, au début de l'an 2000, à cause du manque de commandes
 au grand chantier naval de Saint-Jean. Ce qui était auparavant le service de traversier le
 plus actif au Canada Atlantique, reliant le Nouveau-Brunswick et
 l'Île-du-Prince-Édouard, a été remplacé par le Pont de la Confédération au milieu de
 1997. Depuis la fin des années 1970, l'aquaculture s'est développée et la valeur de sa
 production équivaut à peu près à celle de la pêche traditionnelle dont l'importance a
 diminué. Le budget des ministères gouvernementaux a été réduit au cours de la décennie
 1990.

Le Nouveau-Brunswick donne sur deux parties différentes et tout à fait distinctes
de l'Atlantique Nord-Ouest : le sud du golfe du Saint-Laurent au nord et à l'est, et la baie
 de Fundy au sud. Dans l'ensemble, 57 % du PIB attribuable aux industries privées
 associées à la mer dépend du sud du golfe, et 43 % de la baie de Fundy. L'écart entre les
 différentes industries est souvent plus prononcé que cela. Ainsi, la transformation du
 poisson et la pêche traditionnelle sont plus importantes dans le sud du golfe, alors que la
 construction de navires, les ports et l'aquaculture occupent une plus grande place dans la
 baie de Fundy. Les autres secteurs sont répartis de façon plus égale entre les deux
 régions.

Les activités du secteur maritime peuvent également être divisées entre celles qui
dépendent de la mer en tant que ressource et celles qui l'utilisent comme moyen
 d'exploitation ou de transport. La qualité de l'environnement marin est beaucoup plus
 importante pour les utilisateurs des ressources, dont les activités de transformation du
 poisson, la pêche traditionnelle, l'aquaculture et l'écotourisme. Ces quatre industries
 privées réunies représentent plus de la moitié de l'impact total du secteur maritime sur le
 PIB (563,2 millions de dollars), sur le revenu des ménages (403,5 millions de dollars), et
 sur l'emploi (13 069 emplois). Ceci montre bien l'importance d'une gestion appropriée
 des ressources marines pour maintenir l'intégrité naturelle de ces ressources ainsi que les
 emplois et les revenus qui en dépendent.
Le présent projet visait à déterminer l'importance du secteur maritime au
Nouveau-Brunswick, mais aussi à évaluer des méthodes et des procédures d'estimation
 qui permettraient de mesurer son impact le plus précisément possible. L'efficacité des
 méthodes décrites dépend des données qui les étayent. La mise au point de la
 méthodologie améliorera la validité des résultats et elle permettra de couvrir certaines
 parties du secteur maritime qui ne sont pas touchées présentement parce que les données
 ne sont pas accessibles.
Une mesure précise du secteur maritime aidera à élaborer les politiques dans le
domaine du développement économique et de la gestion des ressources marines. Il
 faudrait arriver à passer de l'étude du secteur maritime du point de vue d'un exercice de
 comptabilité économique à l'étude des questions associées aux politiques comme la
 création éventuelle d'une grappe industrielle centrée sur ce secteur. Celle-ci ferait appel à
Valeur des ressources associées à la mer
7
la participation non seulement de l'industrie privée, mais aussi des universités, des
 gouvernements, et des établissements de recherche.

Tout travail futur devrait également tenir compte des coûts de la croissance
économique, notamment de l'appauvrissement des ressources, de la pollution et de la
 détérioration de l'environnement. Finalement, la gestion des ressources marines devrait
 inclure des utilisations axées tant sur l'environnement que sur les marchés. Il faudra des
 habiletés spéciales pour combiner efficacement les points de vue de l'environnement et
 de l'économie afin de veiller à ce que les industries qui dépendent de la mer continuent à
 contribuer au progrès économique du Nouveau-Brunswick.
Valeur des ressources associées à la mer
8
Remerciements

L'équipe de recherche désire souligner l'aide que lui ont apportée les personnes suivantes au cours
de son projet :

 Comité de direction

 Barry Jones
Directeur, Développement durable, ministère des Pêches et de l'Aquaculture du
 Nouveau-Brunswick, Président
Carla Dale
Conseillère principale, Politiques et programmes des océans, ministère des
 Pêches et des Océans
Maurice Bourque
Analyste économique principal, Direction des politiques et services
 économiques, Pêches et Océans, Moncton (Nouveau-Brunswick)
Michael Butler
Président intérimaire, Institut canadien des océans; président du Comité
 consultatif de l'information sur les zones côtières de l'Atlantique
Andrea Richard
Chargée de projets, Expansion du commerce, ministère du Développement
 économique, du Tourisme et de la Culture du Nouveau-Brunswick

Ministères fédéraux

 Agence de promotion économique du Canada atlantique
David Carpenter, analyste principal, Politiques économiques (Moncton, Nouveau-Brunswick)
Malcolm MacBeath, coordonnateur de la bibliothèque (Moncton, Nouveau-Brunswick)

Environnement Canada
Larry Hildebrand, gestionnaire, Division des communautés et des écosystèmes durables, Direction
 de la conservation de l'environnement, région de l'Atlantique (Dartmouth, Nouvelle-Écosse)
Eric Hundert, gestionnaire, Affaires stratégiques et Sciences économiques, Direction des affaires
 générales, région de l'Atlantique (Dartmouth, Nouvelle-Écosse)
John MacLellan, analyste des affaires, Direction de la protection de l'environnement, région de
 l'Atlantique (Dartmouth, Nouvelle-Écosse)

Pêches et Océans Canada
Michel Audet, directeur régional, Politiques et Économie, MPO
Levi Ezurike, analyste financier, Services de gestion financière, Direction des finances et de
 l'administration (Halifax, Nouvelle-Écosse)
Maurice Girouard, directeur régional, Direction des ports pour petits bateaux
Doreen Liew, économiste (Halifax, Nouvelle-Écosse)
John MacDonald, chef intérimaire, Services de gestion financière, Direction des finances et de
 l'administration (Halifax, Nouvelle-Écosse)
Transports Canada
Christopher K.J. Clarke, comptable de paie, Marine Atlantique S.C.C. (Port-aux-Basques,
 Terre-Neuve)
Brian Duffy, contrôleur, Marine Atlantique S.C.C. (Port-aux-Basques, Terre-Neuve)
Coleen Mitchell, vice-présidente au marketing, Port de Saint-Jean (Saint-Jean,
 Nouveau-Brunswick)
Brian Mosher, directeur régional, Havres et ports (Halifax, Nouvelle-Écosse)

Ministères de la province du Nouveau-Brunswick

 Développement économique, Tourisme et Culture
Dick Burgess, sous-ministre adjoint, Finances et Investissements (Fredericton,
 Nouveau-Brunswick)
Valeur des ressources associées à la mer
9
Rod Cunningham, chargé de projets, Division de la recherche et de la planification (Fredericton,
 Nouveau-Brunswick)
George Fox, économiste, Division de la recherche et de la planification (Fredericton,
 Nouveau-Brunswick)
Gary Jockelman, directeur général, Réseau Plein Air ­ Opérations (Fredericton,
 Nouveau-Brunswick)
Joe V. Maillet, chargé de projets, Secteur manufacturier (Fredericton, Nouveau-Brunswick)

Environnement
Roger Jones, conseiller supérieur, Section des politiques et des affaires intergouvernementales
 (Fredericton, Nouveau-Brunswick)
Paul Monti, gestionnaire, Section des politiques et des affaires intergouvernementales
 (Fredericton, Nouveau-Brunswick)
Charles Santerre, officier d'information, Section des communications et de l'éducation
 environnementale (Fredericton, Nouveau-Brunswick)

Pêches et Aquaculture
Hédard Albert, directeur, École des pêches du Nouveau-Brunswick (Caraquet,
 Nouveau-Brunswick)
Maurice Bernier, directeur exécutif, Finances et Administration (Fredericton,
 Nouveau-Brunswick)
Mike MacFarlane, gestionnaire ­ Développement du poisson, Aquaculture (Fredericton,
 Nouveau-Brunswick)
André Pelletier, agent de recherche et planification, Politiques et planification (Fredericton,
 Nouveau-Brunswick)
Paul M. Thériault, agent des services administratifs, École des pêches du Nouveau-Brunswick
 (Caraquet, Nouveau-Brunswick)

Ressources naturelles et Énergie
Keith Burgess, directeur, Services des finances (Fredericton, Nouveau-Brunswick)

Transports
Dave Sullivan, Ingénieur senior en hydraulique, Ouvrage d'art et matériaux (Fredericton,
 Nouveau-Brunswick)

Autres
Irving Group
David Jamieson, vice president, Corporate and Legal, Saint John Shipbuilding Limited
 (Saint-Jean, Nouveau-Brunswick)
John Sheppard, executive consultant, Shipbuilding, Saint John Shipbuilding Limited (Saint-Jean,
 Nouveau-Brunswick)
Cara Smith, accountant, J.D. Irving Limited (Saint-Jean, Nouveau-Brunswick)

Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, St. Andrews
Walter Kozak, chef d'équipe, éducation maritime (St. Andrews, Nouveau-Brunswick)

Conseil de la recherche et de la productivité du Nouveau-Brunswick
Bev Bacon, chef, Division des aliments, des pêches et de l'aquaculture (Fredericton,
 Nouveau-Brunswick)
Kimberly Watson, gestionnaire en marketing, Division des aliments, des pêches et de
 l'aquaculture (Fredericton, Nouveau-Brunswick)

Université de Moncton
Maurice Beaudin, directeur adjoint, Institut canadien de recherche sur le développement régional
 (Moncton, Nouveau-Brunswick)
Valeur des ressources associées à la mer
10
Andrew Boghen, professeur, Département de biologie (Moncton, Nouveau-Brunswick)
Pierre-Marcel
Desjardins, directeur, Chaire d'études coopératives (Moncton, Nouveau-Brunswick)
Louis Lapierre, directeur, Chaire d'études K.C. Irving sur le développement durable (Moncton,
 Nouveau-Brunswick)
Victorin Mallet, doyen, Faculté des sciences (Moncton, Nouveau-Brunswick)
Lita Vilalon, directrice, École de nutrition et d'études familiales (Moncton, Nouveau-Brunswick)

Valeur des ressources associées à la mer
11
Glossaire

Produit intérieur brut (PIB)
 Le produit intérieur brut (PIB) est la mesure de l'activité économique et, dans le cas qui
 nous occupe, c'est la mesure de l'activité économique du Nouveau-Brunswick. Mesuré
 en termes de dépenses, le PIB s'exprime ainsi :

 GDP = C + G + I - X - M

 

 C
= Dépenses privées de consommation de biens et de services;
G
= Achat de biens et de services par l'État;
I
= Dépenses d'investissement en capital, en machines et matériel, et en
 inventaires;
X
= Exportations de biens et de services;
M
= Importations de biens et de services.

Le PIB se mesure également en termes de revenus. Il comprend alors :
-
le revenu du travail;
-
les bénéfices des sociétés anonymes avant impôts;
-
les revenus en intérêts et les revenus de placements;
-
le revenu agricole net;
-
les revenus d'entreprises non constituées en corporation;
-
l'ajustement de l'évaluation des stocks;
-
les impôts indirects moins les subventions;
- l'amortissement.

Le produit intérieur brut d'une industrie est la valeur ajoutée par le travail et par le
capital au cours de la transformation en produits (sorties) des facteurs de production
 (entrées) achetés auprès d'autres producteurs.

 Contribution directe
 La contribution directe est la contribution au PIB de toutes les activités économiques de
 la « première série ». Ces activités peuvent aller de l'investissement dans la création ou
 dans l'expansion d'un établissement de transformation du poisson jusqu'aux salaires
 payés aux employés qui participent directement aux activités associées à la mer.

 Contribution indirecte
 La contribution indirecte est la contribution au PIB de toutes les activités économiques
 des « séries subséquentes ». Sans avoir de lien direct avec la mer, ces activités résultent
 d'autres activités qui, elles, sont associées directement avec la mer. Un bon exemple
 serait celui des facteurs de production (entrées) nécessaires pour construire un bateau de
 pêche. L'investissement dans le bateau de pêche est une activité associée directement à
 la mer et qui contribue au PIB (investissement). L'augmentation subséquente de la
Valeur des ressources associées à la mer
12
demande de petit bois d'oeuvre (scieries) et l'augmentation de la demande de bois
 d'oeuvre (exploitation forestière) contribuent indirectement au PIB. Ces contributions
 indirectes incluent également les « contributions induites » qui mesurent l'activité
 économique associée à la dépense des salaires payés au cours des séries d'activités
 directes, indirectes, et dans une moindre mesure, induites.

 Modèle d'entrées-sorties
 Le modèle d'entrées-sorties mesure l'impact économique étendu d'un événement
 économique direct par la dépendance interindustrielle connue dans l'économie concernée.
 Différents secteurs d'une économie dépendent plus ou moins étroitement d'autres
 secteurs de cette économie pour obtenir leurs facteurs de production (entrées) ou pour
 vendre leurs produits (sorties). Le déséquilibre dans cette relation d'offre et de demande
 provient des importations (l'offre) et des exportations (la demande).

 Le modèle d'entrées-sorties mesure l'activité économique totale définie par la somme des
 activités directes, indirectes et induites. Voir l'explication de ces trois types d'activités à
 la définition du PIB.

 Tableaux d'entrées-sorties
 Les tableaux d'entrées-sorties (aussi appelés tableaux intrants-extrants) indiquent l'offre
 (la fabrication) de marchandises par l'industrie, la demande (l'utilisation) de
 marchandises par l'industrie et la demande finale (dépenses personnelles, achats par
 l'état, investissements, exportations et importations). Dans un modèle d'entrées-sorties
 qui est fermé du point de vue des ménages (incluant les impacts induits), ceux-ci sont
 considérés comme une industrie.

 Ces tableaux, de même que le nombre d'emplois et le PIB par industrie dans le système
 d'entrées-sorties, servent à déterminer les multiplicateurs des impacts pour la production,
 l'emploi, le revenu des ménages et le PIB.

 Multiplicateurs des entrées-sorties
 Les multiplicateurs des entrées-sorties établissent un lien entre d'une part l'impact
 indirect et l'impact induit, par industrie, et d'autre part l'augmentation ou la réduction
 directe de la production (sorties) d'une industrie donnée. L'impact total d'un secteur
 correspond à la somme des impacts direct, indirect et induit de toutes les industries de ce
 secteur.

 Des multiplicateurs sont déterminés pour la production (sorties), le revenu, le PIB et
 l'emploi.

 Les « multiplicateurs de la production » établissent un lien entre les impacts indirect et
 induit de la production et le changement de la production directe.

 Les « multiplicateurs produits par le revenu » établissent un lien entre le changement du
 revenu des ménages et le changement de la production.
Valeur des ressources associées à la mer
13
Les « multiplicateurs fondés sur le revenu » établissent un lien entre les revenus indirect
 et induit des ménages et le revenu direct associé au changement de la production.

 Les « multiplicateurs d'emplois (fondés sur la production) » établissent un lien entre les
 emplois additionnels et le changement de la production.

 Les « multiplicateurs fondés sur l'emploi » établissent un lien entre les emplois indirects
 et induits et les emplois directs dus au changement de la production.

 Les « multiplicateurs de la valeur ajoutée/PIB », ou coefficients, établissent un lien entre
 le PIB additionnel et le changement dans la production.

 Les données présentées aux tableaux 3.1, 3.2 et 3.3 permettent de calculer tous les
 multiplicateurs susmentionnés.
Valeur des ressources associées à la mer
14
Chapitre un
Introduction
Le présent rapport fait une estimation de l'importance du secteur maritime dans
l'économie du Nouveau-Brunswick. L'impact de ce secteur est mesuré en fonction de
 l'économie provinciale totale. Le secteur maritime comprend les activités des industries
 privées ainsi que celles des ministères gouvernementaux (par exemple la réglementation
 et la gestion de l'utilisation des ressources marines) associées aux eaux qui bordent le
 Nouveau-Brunswick sur trois côtés.

L'estimation de la valeur du secteur maritime au Nouveau-Brunswick aidera à
élaborer des politiques et à gérer l'utilisation du milieu marin. La présente étude est la
 première du genre effectuée au Nouveau-Brunswick. Elle a recours à une méthodologie
 qui a d'abord été développée et utilisée en Nouvelle-Écosse et qui continue à être testée
 et améliorée
1
.

Le présent rapport est divisé en quatre chapitres. Le premier expose le contexte
du projet. Le deuxième décrit la collecte des données de base du projet; il établit un
 profil plus détaillé du secteur maritime (par industrie et par ministère), et il indique la
 valeur directe du secteur pour le Nouveau-Brunswick. Le troisième estime les impacts
 économiques indirect et induit du secteur maritime, d'après les données indiquées au
 deuxième chapitre. Le quatrième résume les résultats et mentionne le travail qui peut
 encore être réalisé.

L'Annexe A présente une brève analyse de la qualité des données et elle décrit
leurs sources ou leur origine. L'Annexe B décrit brièvement le modèle d'entrées-sorties
 utilisé pour estimer l'impact total.
1.1 Contexte
La côte du Nouveau-Brunswick s'étend sur 2 065 kilomètres. Le développement
économique de la province a toujours été influencé par la mer. Une grande partie de la
 colonisation s'est faite le long de la côte et 60 % de la population de la province vit
 encore à 50 kilomètres ou moins de l'océan. Depuis la colonisation par les premiers
 Européens, la pêche est une activité économique importante. Les industries qui
 dépendent des ressources terrestres et les industries manufacturières, comme la foresterie
 et l'exploitation minière, doivent tenir compte de la proximité de la mer pour le transport
 des marchandises jusqu'aux marchés. Le tourisme est devenu une industrie importante,
 mettant l'accent principalement sur les expériences et les attractions associées à la côte.
 Des secteurs manufacturiers d'envergure, comme la construction de navires et la
 construction d'embarcations, dépendent de la mer comme moyen d'exploitation. Les

1 Mandale Consulting, Canmac Economics, et le North American Policy Group, Estimating the Economic
 Value of Coastal and Ocean Resources: The Case of Nova Scotia, préparé pour l'Institut canadien des
 océans et Comité consultatif de l'information sur les zones côtières de l'Atlantique, février 1998.
Valeur des ressources associées à la mer
15
services de transport ainsi que les ports sont également des « utilisateurs » importants des
 ressources marines.

Il existe deux principales lignes de partage des eaux au Nouveau-Brunswick
(carte 1) : dans le nord et l'est de la province, les eaux coulent vers le golfe du
 Saint-Laurent et, dans le sud, elles coulent vers la baie de Fundy. En plus de traiter de
 l'ensemble de la province, le présent projet de recherche essaie d'assigner à ces deux
 zones les statistiques relatives au secteur maritime afin de vérifier où sont concentrées les
 activités. L'analyse provinciale suit un modèle pour la présentation de l'information qui
 a été conçu pour un projet semblable réalisé en Nouvelle-Écosse et dont le rapport a été
 publié en février 1998
2
. Pour la première fois, cette méthodologie sert à étendre l'analyse
à des sous-régions d'une province et c'est aussi la première fois que cela est fait pour le
 Nouveau-Brunswick.


 1.2 Définition du secteur maritime
Aux fins du présent projet, nous avons adopté une définition très large du secteur
maritime qui englobe non seulement les activités associées aux eaux côtières et aux eaux
 littorales (incluant les baies et les estuaires), mais aussi les activités associées à la haute
 mer, y compris la Zone économique exclusive du Canada.
En plus de constituer une ressource économique, les régions maritimes
représentent également des systèmes écologiques et sociaux. Elles posent des défis
 particuliers du point de vue de la gestion étant donné que les valeurs des milieux marins
 dépassent de beaucoup ce qui est mesuré en termes de valeur économique ou marchande.
 La distinction entre la valeur « marchande » ou « économique » et les autres valeurs peut
 être complexe, mais aux fins du présent projet, nous incluons essentiellement les produits
 des milieux marins et océaniques et les utilisations de ces milieux qui entrent dans le
 monde du commerce, c'est-à-dire qui peuvent être échangés contre de l'argent.

Bien des définitions vont beaucoup plus loin afin de tenir compte des valeurs
« non marchandes » des fonctions naturelles des ressources marines, comme le fait de
 faire partie intégrante du cycle hydrologique, ou l'aspect esthétique du paysage côtier.
 Ce sont habituellement les attributs des systèmes naturels que nous considérons
 couramment comme étant « gratuits », dans la mesure où aucun marché commercial n'a
 encore pu être développé pour eux. La valeur des systèmes naturels dépasse la capacité
 des mécanismes de marché même les plus complexes. Notons toutefois que les marchés
 commerciaux sont en évolution constante en ce qui concerne les produits et les services
 qui étaient auparavant hors-marché; nous pensons par exemple au développement de
 « permis échangeables » pour les pollueurs.

Aux fins du présent projet, la définition du secteur maritime comprend une vaste
division entre deux types d'activités, celles qui utilisent l'océan comme ressource et
 celles qui s'en servent comme moyen de transport, d'exploitation ou d'innovation. Le

Ibid.
Valeur des ressources associées à la mer
16
premier type comprend la pêche commerciale, l'aquaculture, les loisirs et le tourisme.
 Les industries tributaires des ressources naturelles se caractérisent entre autres par leur
 sensibilité à la détérioration de la qualité du milieu marin alors que les autres industries
 qui travaillent dans ce milieu sont pratiquement insensibles à cette détérioration.

Le secteur maritime inclut des activités qui sont maintenant des éléments
importants de l'économie du Nouveau-Brunswick, par exemple la réglementation et la
 gestion des pêches et de l'environnement. Les activités peuvent donc relever des secteurs
 privé ou public et elles peuvent comprendre la production de biens et les services. Même
 lorsqu'une activité se produit dans le secteur privé, elle peut inclure une part importante
 de dépenses gouvernementales. Ainsi, au cours des années 1990, une grande partie de
 l'industrie canadienne de la construction de navires dépendait des commandes
 gouvernementales : navires militaires, vaisseaux de la garde côtière ou traversiers.
 L'« industrie privée » est définie par des opérations commerciales réalisées en vue de
 faire un profit ou du moins de couvrir le coût des opérations.

Bien que le présent projet de recherche ait été réalisé avec l'intention d'inclure le
plus grand nombre d'activités possible, le manque de données nous a obligés à en exclure
 certaines de l'analyse. Pour cette raison, les estimations de l'impact économique doivent
 être considérées comme étant modérées. De plus, l'équipe de recherche a délibérément
 choisi de pécher par excès de prudence dans l'estimation des résultats afin de ne pas
 exagérer l'impact du secteur maritime au Nouveau-Brunswick. Par conséquent, il est
 plus facile de justifier les chiffres finaux. La même approche avait été adoptée lors de
 l'étude effectuée pour la Nouvelle-Écosse
3
. Là où le présent travail comporte des erreurs
et des omissions, leur correction augmenterait habituellement l'importance relative du
 secteur maritime dans l'économie provinciale.

1.3 Aperçu de la méthodologie
Les deux étapes fondamentales qui forment le coeur du projet sont la collecte des
données et l'analyse de l'impact.
 
Collecte des données.
Cette étape critique consiste à réunir les données relatives à
chaque industrie et à chaque ministère. Ces données comprennent la production
 économique (les ventes), l'emploi et la masse salariale (revenu des ménages). Elles ont
 parfois pu être trouvées directement à la source, mais le plus souvent elles ont exigé une
 recherche considérable. Dans certains cas, la plupart des variables énumérées peuvent
 être obtenues dans des documents publiés facilement accessibles. Dans d'autres cas, des
 études particulières complétées récemment fournissent une série de données appropriées.
 Certaines données doivent être estimées à partir d'autres données. Et dans d'autres cas
 encore, les données se trouvent dans des dossiers internes; il faut alors faire une demande
 spéciale pour avoir accès à ces dossiers et il faut habituellement un certain temps pour
 découvrir les données cherchées.

Ibid.
Valeur des ressources associées à la mer
17
Nous avons adopté comme approche la collecte des données de trois années
récentes (1995, 1996 et 1997) et nous avons fait la moyenne de ces données aux fins de
 l'analyse. Ceci évite les problèmes causés par une année considérablement différente des
 autres et améliore la qualité des estimations finales. Il a parfois été impossible d'obtenir
 les données de ces trois années pour certaines industries privées; les exceptions sont
 notées dans le cadre de la discussion qui suit. Cette partie de la méthodologie fournit une
 série de données brutes pour chaque industrie et pour chaque ministère indiqués au début
 du deuxième chapitre.

 Analyse de l'impact. Les données brutes obtenues peuvent être corrigées pour établir la
 première série importante de mesures : l'impact direct. Cette correction s'effectue en
 déduisant tous les doubles comptes des données brutes. On reconnaît ainsi que
 l'estimation de l'impact est un exercice de comptabilité économique. Par exemple, la
 valeur du poisson acheté auprès des pêcheurs pour être traité dans une usine ne peut
 apparaître plus d'une fois dans l'exercice; elle est toujours localisée dans l'activité à
 valeur ajoutée la plus élevée, donc dans ce cas, dans la production de l'usine de
 transformation. Cependant, si les pêcheurs ont vendu du poisson directement au
 consommateur final ou à une usine à l'extérieur de la sphère d'activité (en dehors du
 Nouveau-Brunswick), le poisson devient une exportation hors de la province et la valeur
 ajoutée est « saisie » par le pêcheur plutôt que par l'usine locale.

Les analyses d'entrées-sorties étendent l'impact direct pour saisir les effets
appelés indirects et induits. Les effets indirects sont ceux qui concernent l'achat, par une
 industrie ou par un ministère, des facteurs de production (entrées) nécessaires pour son
 propre fonctionnement. Les effets induits sont ceux qui s'accumulent lorsque les revenus
 gagnés dans une industrie ou dans un ministère sont dépensés dans l'économie. Des
 modèles d'entrées-sorties ont été utilisés pour calculer ces impacts économiques plus
 étendus depuis les années 1930. Ils sont fondés sur l'hypothèse de l'interdépendance
 dans un système économique, c'est-à-dire que chaque activité du système dépend dans
 une certaine mesure de chacune des autres activités qui lui fournissent ses facteurs de
 production (entrées) ou qui lui achètent ses produits (sorties). La somme des impacts
 direct, indirect et induit donne l'impact total d'une activité ou d'un ensemble d'activités.

L'analyse de l'impact fournit trois séries de données importantes ­ la production
(ou le produit intérieur brut), le revenu des ménages (d'après les données de la masse
 salariale payée par l'industrie) et l'emploi.

1.4 Structure de base de l'économie du Nouveau-Brunswick
La mesure de l'économie la plus souvent utilisée au Canada est le produit
intérieur brut (PIB). C'est la somme des valeurs marchandes des biens et des services de
 l'économie au moment de leur utilisation finale. Au milieu des années 1990, le PIB du
 Nouveau-Brunswick était de 14,3 milliards de dollars (moyenne des années 1995, 1996 et
 1997). Le tableau 1.1 compare le PIB du Nouveau-Brunswick, des autres provinces de
 l'Atlantique et du Canada.
Tableau 1.1. PIB des provinces de l'Atlantique et du Canada
Valeur des ressources associées à la mer
18
(moyenne de 1995, 1996 et 1997)
Milliards de dollars
Pourcentage du PIB du
Canada
Nouveau-Brunswick 14,3
2,0
Nouvelle-Écosse 16,9 2,3
 Terre-Neuve 9,0
1,2
Île-du-Prince-Édouard 2,4
0,3
Canada 726,8
100
Source : Statistique Canada, catalogue n
o
15-203

L'économie du Nouveau-Brunswick est la deuxième en importance au Canada
atlantique et elle représente 2 % du PIB du Canada. Dans la province, la proportion entre
 les services et les biens est approximativement de 70:30. Les services comprennent une
 vaste gamme d'entreprises qui vont des magasins de vente au détail aux coiffeurs, en
 passant par les avocats, le transport, les soins de santé et l'éducation. Les services
 associés à la mer comprennent le transport maritime, les ports, les traversiers, de vastes
 secteurs du tourisme, et la consultation professionnelle. Les biens, comme les produits
 du poisson, les navires et les embarcations, ou les instruments de navigation, ont une
 substance physique.

Même si la production de biens représente moins du tiers de l'économie du
Nouveau-Brunswick, son importance ne doit pas être sous-estimée; elle fournit la part du
 lion des exportations de la province. Le Nouveau-Brunswick est la province du Canada
 atlantique qui exporte le plus. Les exportations sont essentielles pour le Nouveau-
Brunswick étant donné qu'elles visent des marchés beaucoup plus importants que ceux de
 la province elle-même dont la population atteint seulement 750 000 habitants. Par
 conséquent, pour que le niveau de vie progresse raisonnablement, le Nouveau-Brunswick
 doit vendre à l'extérieur de ses frontières. Jusqu'à présent, il a exporté principalement
 des biens.

Les secteurs des biens sont importants dans le contexte du présent projet. Les
plus grosses industries privées définies sont productrices de biens. Elles sont des
 industries exportatrices dans le sens traditionnel de l'exportation de biens, ou elles ont le
 potentiel de le devenir. Ceci ne signifie pas que la province n'exporte pas de services; les
 exportations de services professionnels augmentent en importance tout comme le
 tourisme qui est une « exportation » dans le sens où des non-résidents, y compris de
 nombreux Américains, viennent au Nouveau-Brunswick pour dépenser de l'argent gagné
 ailleurs.

Afin de préciser un peu le contexte de l'économie du Nouveau-Brunswick, le
tableau 1.2 énumère quelques autres secteurs et leur contribution au PIB de la province.
Tableau 1.2. Certaines composantes du PIB du
Nouveau-Brunswick ­ 1997
Secteur
Proportion du PIB
(%)
Agriculture 1,1
Valeur des ressources associées à la mer
19
Exploitation minière
2,4
Fabrication 12,5
Transformation des aliments
3,1
Produits forestiers
4,5
Services 71,6
Commerce de gros/de détail
11,9
Finance, assurance, et immobilier
15,9
Services professionnels
3,5
Communications et services publics
8,2
Administration publique
9,7
Source : Statistique Canada, Catalogue n
o
15-203 (1997)

L'économie provinciale dépend encore beaucoup de la production fondée sur les
ressources naturelles, en particulier sur les forêts et sur les mines. À eux seuls, les
 produits forestiers (bois d'oeuvre, pâtes et papiers) représentent directement 4,5 % du
 PIB. Le présent rapport montrera que le secteur maritime est presque aussi important que
 ce pilier traditionnel de l'économie provinciale. La structure globale de l'économie a
 connu quelques changements au cours des années 1990, période où un plus grand nombre
 d'entreprises de technologie de l'information, en particulier des entreprises fondées sur
 les télécommunications, ont fait leur apparition comme sources de création d'emplois et
 de revenus.
1.5 Évaluation de l'importance du secteur maritime :
l'expérience du Canada et d'autres pays
Il est intéressant de comparer l'estimation de l'importance du secteur maritime de
cinq économies nationales et provinciales. Sauf dans un cas, ces estimations sont assez
 récentes (voir le tableau 1.3).
L'estimation américaine diffère des autres non seulement parce qu'elle est plus
ancienne, mais aussi à cause de la méthode de calcul employée. On a utilisé une
 approche de comptabilité nationale pour diviser l'économie en un secteur océanique et un
 secteur non océanique, délimités de façon générale par des frontières géographiques
 plutôt que par la portée des industries. En 1972, la contribution des industries de la mer à
 l'économie américaine était de 2,6 % (environ 30,6 milliards de dollars américains de
 1972, à peu près l'équivalent de 112 milliards de dollars américains aux prix de 1996, ou
 154 milliards de dollars canadiens), ce qui correspondait à celle de l'agriculture, de
 l'exploitation minière, des transports et des communications.
Tableau 1.3
Estimation de la valeur du secteur maritime dans certaines économies
Pays ou province
Année repère
Estimation (% de l'économie)
États-Unis (1)
1972
2,6 (PNB)
Royaume-Uni (2)
1994-1995 (principalement)
4,8 (PIB)
Australie (3)
1994 (principalement)
8,0 (PIB)
Canada (4)
1988
 1996
1,6 (PIB)
 1,4 (PIB)
Nouvelle-Écosse (5)
1994
9,6 (contribution directe au PIB)
Valeur des ressources associées à la mer
20
17,5 (contribution totale au PIB)
Sources : Voir la note 4 au bas de la page.

Les estimations britannique, australienne et canadienne ont été calculées par des
méthodes correspondant de façon générale à celles de la présente étude, mais elles se
 limitent à l'impact direct et elles couvrent une gamme d'activités assez différentes de
 celles de la présente étude. La mesure de l'impact direct est une première étape
 importante de toute évaluation du secteur maritime, mais elle ne réussit pas à saisir les
 impacts (retombées) indirect et induit qui suivent la dépense des revenus et des profits du
 secteur maritime dans l'ensemble de l'économie.

Le secteur maritime britannique a eu un impact direct net de 4,8 % de l'économie
nationale en 1994-1995, soit 28,7 milliards de livres (58,2 milliards de dollars canadiens).
 Les 17 activités étudiées comprenaient des activités familières comme la pêche, le
 tourisme, la construction de navires, les ports et les traversées maritimes (traversiers et
 ponts à péage), ainsi que d'autres activités, comme le pétrole et le gaz, la défense, les
 télécommunications (câbles sous-marins), et les agrégats (exploitation minière du fond
 marin), moins familières dans le contexte du Nouveau-Brunswick.

En 1994, le secteur maritime représentait 8 % de l'économie australienne, soit
30 milliards de dollars australiens (le dollar australien équivaut à peu près au dollar
 canadien). Les activités correspondent de très près aux industries privées indiquées pour
 le Nouveau-Brunswick. L'étude australienne a également noté que le secteur maritime
 représentait 7,7 % des exportations totales de l'Australie en 1994 et qu'il avait augmenté
 d'environ 8 % par année en termes réels (en valeur constante) entre 1987 et 1994, un taux
 beaucoup plus élevé que celui de l'ensemble de l'économie.

L'étude canadienne a estimé que l'impact direct du secteur maritime était de
1,6 % du PIB en 1988 et qu'il avait diminué à 1,4 % en 1996. Elle a également fourni
 quelques données régionales. En 1996, la contribution du Canada atlantique au PIB était
 de 10,2 % et celle de la région du Pacifique était de 3,9 %.
Parmi ces études, seule celle de la Nouvelle-Écosse a estimé les impacts direct et
total, ainsi que l'emploi et le revenu des ménages. La contribution directe du secteur
 maritime au PIB était d'environ 10 % et sa contribution totale était de 17,5 %. Les
 estimations montrent que la contribution directe à l'emploi et au revenu des ménages était
 approximativement la même, mais que la contribution totale atteignait presque un quart.

(1) Giulio Pontecorvo et al., Contribution of the Ocean Sector to the United States Economy,
 Science, 208 p. 1000-1006, mai 1980. (2) David Pugh et Leonard Skinner, An Analysis of
 Marine-Related Activities in the UK Economy and Supporting Science and Technology,
 Inter-Agency Committee on Marine Science and Technology, Information Document No. 5,
 décembre 1996. (3) Australian Marine Industries and Science Council, Marine Industry
 Development Strategy, Australian Development of Industry, Science and Tourism, janvier 1997. (4)
 Pêches et Océans Canada, Canada's Ocean Industries: Contribution to the Economy, 1988-1996,
 1998. (5) Mandale Consulting et al, Estimating the Economic Value of Coastal and Ocean
 Resources: The Case of Nova Scotia, préparé pour l'Institut canadien des océans et le Comité
 consultatif de l'information sur les zones côtières de l'Atlantique, février 1998.
Valeur des ressources associées à la mer
21
La méthodologie utilisée pour l'étude de la Nouvelle-Écosse a été reprise et améliorée
 pour la présente étude du Nouveau-Brunswick.
Valeur des ressources associées à la mer
22
Chapitre deux
Le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
Industries privées et ministères gouvernementaux
Le présent chapitre montre la valeur économique directe du secteur maritime au
Nouveau-Brunswick. Nous indiquons tout d'abord quelles industries privées et quels
 ministères gouvernementaux ont des liens plus ou moins directs avec la mer. Pour
 chaque activité, trois séries de données sont fournies ­ la production directe (ventes),
 l'emploi, et la masse salariale. Dans la mesure du possible, nous avons compilé les
 données de trois années consécutives (1995, 1996 et 1997) et nous avons utilisé une
 moyenne de ces données pour estimer les impacts dans le présent chapitre ainsi que dans
 les suivants. La valeur des exportations a été ajoutée aux tableaux récapitulatifs du
 présent chapitre lorsque les données étaient disponibles afin de compléter les brèves
 descriptions des tendances récentes et de montrer l'importance du secteur maritime dans
 ce domaine.

Au premier chapitre, nous avons donné une définition générale des industries
privées associées à la mer au Nouveau-Brunswick : celles qui utilisent la mer en tant que
 ressource, ou en tant que moyen d'exploitation. Le gouvernement joue également un rôle
 actif; il peut s'occuper du développement en faisant la promotion de la production et des
 emplois des industries privées telles que l'aquaculture et la pêche traditionnelle, mais il a
 également d'importantes fonctions dans le domaine de la réglementation, de la gestion,
 de la sécurité (sauvetage), et de l'infrastructure. Ces rôles sont résumés dans le présent
 chapitre.

Il existe 14 industries ou ministères associés à la mer, dont dix relèvent plus ou
moins du secteur privé et quatre du secteur public.
Industries privées
Pêche traditionnelle
 Aquaculture
 Transformation du poisson
 Construction de navires et d'embarcations
 Technologie marine
 Services de traversiers
 Écotourisme associé à la mer
 Construction maritime
 Ports
 Recherche et services connexes
Ministères gouvernementaux
Ministère des Pêches et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick
 Ministère de l'Environnement du Nouveau-Brunswick
 Pêches et Océans Canada
 Environnement Canada
Valeur des ressources associées à la mer
23
2.1 Secteur
privé
Le secteur maritime du Nouveau-Brunswick compte dix industries privées,
réparties également entre la production de biens et les services. De façon générale, les
 industries productrices de biens sont plus grosses et par conséquent leur impact
 économique est plus considérable.

2.1.1 Pêche traditionnelle et aquaculture
La pêche fondamentale (le fait de sortir le poisson de l'eau) est l'une des activités
associées à la mer les plus importantes au Nouveau-Brunswick. En 1997, ses deux
 principales composantes, la pêche traditionnelle et l'aquaculture, avaient une production
 combinée d'une valeur de 287,8 millions de dollars, répartie dans une proportion
 d'environ 50:50.

La pêche traditionnelle est un pivot du secteur maritime depuis un grand nombre
d'années. Elle dépend principalement des fruits de mer (surtout le homard et le crabe),
 mais elle vise également une part importante des espèces pélagiques (surtout le hareng).
 En 1997, les valeurs au débarquement se répartissaient comme suit : 86,5 % de fruits de
 mer, 10,9 % d'espèces pélagiques, et 2,6 % d'autres espèces incluant le poisson de fond
5
.
L'effondrement de la pêche du poisson de fond au début des années 1990 a touché moins
 gravement les activités de pêche du Nouveau-Brunswick que celles de Terre-Neuve et de
 la Nouvelle-Écosse qui dépendent plus des espèces telles que la morue et l'aiglefin. À la
 fin de 1994, 971 Néo-Brunswickois étaient admissibles à l'aide fédérale en vertu de la
 Stratégie du poisson de fond de l'Atlantique (LSPA), par comparaison avec
 35 529 pêcheurs dans les autres provinces de l'Atlantique
6
.

La pêche est une importante source d'activité économique pour un grand nombre
de petites communautés côtières du Nouveau-Brunswick. Il existe deux pêcheries
 principales. L'une se trouve dans le golfe du Saint-Laurent qui borde les rives
 septentrionale et orientale du Nouveau-Brunswick et l'autre se trouve dans la baie de
 Fundy, le long de la rive méridionale de la province. Pour le Nouveau-Brunswick, la
 pêcherie du golfe est plus importante que celle de la baie de Fundy : elle représentait
 82 % de la valeur au débarquement et 71 % du poids au débarquement en 1997.

La pêche traditionnelle a un rendement général modeste au Nouveau-Brunswick
(diagrammes 2.1, 2.2, et 2.3). Les débarquements ont atteint un sommet de 99 433
 tonnes en 1989, puis ils ont diminué. Grâce à des prix plus élevés, d'un maximum de
 6 100 $ la tonne en 1995, les valeurs au débarquement ont continué d'augmenter au début
 des années 1990, mais elles ont diminué depuis 1995. Le nombre d'emplois et le revenu
 global provenant de la pêche ont connu une réduction pendant la même période (voir le

5 Pêches et Océans Canada, La Revue statistique 1995, 1996, 1997. Décembre 1998.
 6 Mount Allison University, Geography Department, Coastal Communities in Crisis: Issues and Impacts,
 novembre 1996.
Valeur des ressources associées à la mer
24
tableau 2.1 et le diagramme 2.4 à la page 13). Cette instabilité dépend en partie des
 marchés, mais aussi de la santé et de la disponibilité des stocks de poissons.

Au cours des dernières années, la pêche commerciale a porté sur de nouvelles
espèces, dont l'oursin et le crabe commun.
7
La valeur des produits traditionnels comme
le homard, le crabe des neiges et le hareng, continue d'augmenter grâce à l'amélioration
 de la mise en marché, de la valeur ajoutée (fumage, plats de résistance), et de
 l'emballage.

De nouveaux marchés ont également été pénétrés. Le homard du
Nouveau-Brunswick a fait des percées importantes en Europe. Toutefois, les États-Unis
 et le Japon restent les deux principaux débouchés du poisson et des fruits de mer de la
 province; ils achètent respectivement 58 % et 32 % des exportations totales.

Le tableau 2.1 et le diagramme 2.4 présentent les données de base relativement à
la pêche traditionnelle pour la période de 1995 à 1997. Les moyennes montrent des
 ventes annuelles d'une valeur de 165 millions de dollars et l'emploi à plein temps de
 3 492 personnes qui ont gagné un revenu global de 63 millions de dollars. En ce qui
 concerne les emplois, précisons que les chiffres comprennent à la fois les pêcheurs à
 temps plein, ou dont le revenu principal (75 % du revenu total) provient de la pêche, ainsi
 que les pêcheurs à temps partiel dont le nombre a été converti en équivalents temps plein
 dans un rapport de quatre pour un (quatre pêcheurs à temps partiel correspondant à un
 pêcheur à temps plein). Un grand nombre de pêcheurs à temps partiel (environ 6 000, en
 moyenne) ne pêchent que quelques semaines par année et ils tirent des revenus d'autres
 sources à différentes périodes de l'année. Un rapport de quatre pêcheurs à temps partiel
 pour un pêcheur à temps plein signifie une moyenne annuelle de 40 à 50 jours de pêche
 par année pour les pêcheurs à temps partiel.


7 Site Web du gouvernement du Nouveau-Brunswick.
Valeur des ressources associées à la mer
25
Valeur des ressources associées à la mer
26

Tableau 2.1. La pêche traditionnelle au Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
1995
1996
1997
MOYENNE
Ventes (millions de $)
208,2
145,4
141,4
165,0
Emplois
4 024
3 322
3 131
3 492
Masse salariale (millions de $)
70,8
63,6
54,5
63,0
Sources : Pêches et Océans Canada, La Revue statistique, diverses années.
 Revenu Canada, statistiques sur l'impôt, diverses années.
 Pêches et Aquaculture, Nouveau-Brunswick, Revue sommaire des pêches commerciales du
 Nouveau-Brunswick
, diverses années, juin 1999.
Diagramme 2.4. La pêche traditionnelle au Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
Si la pêche traditionnelle représente l'« ancienne » façon de faire, l'aquaculture
représente la « nouvelle », du moins au Canada. L'aquaculture est relativement récente
 au Nouveau-Brunswick où elle n'existait pratiquement pas avant 1979. En 1997, elle
 rivalisait avec la pêche traditionnelle; sa production atteignait déjà une valeur de plus de
 146 millions de dollars et elle fournissait 1 362 emplois. Elle était dominée par le
 saumon de l'Atlantique qui représentait 95 % de la production, le reste provenant de
 l'élevage de la truite, des huîtres et des moules. L'aquaculture est fortement concentrée
 dans la baie de Fundy, et en particulier dans le comté de Charlotte où se pratique la plus
 grande partie de l'élevage du saumon.




Valeur des ressources associées à la mer
27
Valeur des ressources associées à la mer
28
La pisciculture de saumon est un bon exemple d'une industrie lucrative, résultat
de la recherche effectuée par les gouvernements. Une grande partie de l'expérimentation
 et des expériences réalisées au début dans le domaine de l'amélioration génétique et de
 l'élevage du saumon, des oeufs au poisson mature, a été faite dans les laboratoires
 gouvernementaux comme la Station biologique de St. Andrews, à partir des années 1930,
 surtout dans le but de repeupler les rivières à saumons. Comme le montrent les essais
 effectués actuellement avec d'autres espèces telles que la morue, l'aiglefin, le flétan et la
 plie, ce travail est un long processus que les pisciculteurs eux-mêmes n'ont pas les
 moyens d'entreprendre. Toutes les expériences avec les autres espèces mentionnées
 semblent prometteuses pour le Nouveau-Brunswick.

Le secteur de l'aquaculture du Nouveau-Brunswick a connu un très bon
rendement de 1979 à 1997 (diagrammes 2.5 et 2.6). Cependant, comme pour toute
 activité fondée sur des produits primaires, la production et les prix sont instables; ces
 derniers ont varié entre 6 200 $ la tonne et 14 000 $ la tonne au cours de cette période
 (diagramme 2.7). Les risques de maladies posent des défis, de même que la forte
 concurrence sur les marchés internationaux (par exemple Norvège, Chili et Écosse).
 L'expansion est également limitée par le nombre d'endroits appropriés disponibles et par
 les conflits avec la pêche traditionnelle. L'aquaculture offre encore un potentiel de
 croissance important, ce qui montre que même dans un secteur établi comme la pêche, il
 existe toujours de nouvelles façons de faire les choses.

Le tableau 2.2 et le diagramme 2.8 présentent les données de base relativement à
l'aquaculture pour la période de 1995 à 1997. Les moyennes montrent une production
 annuelle d'une valeur de 131,3 millions de dollars et l'emploi d'environ 1 222 personnes
 qui ont gagné un revenu global de 32,6 millions de dollars. Presque toute la production
 (97 %) a été exportée hors de la province. Contrairement à la pêche traditionnelle, les
 principaux indicateurs de l'aquaculture ont montré une tendance à la hausse assez forte.
 L'aquaculture rivalise avec la pêche fondamentale en termes de production, et elle
 nécessite une main-d'oeuvre d'environ 60 % seulement. Sa productivité économique
 (production par travailleur) est donc considérablement plus élevée et elle montre le
 dynamisme et le potentiel de cette industrie.
Tableau 2.2. L'aquaculture au Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
1995
1996
1997
Moyenne
Ventes (millions de $)
118,4
129,2
146,4
131,3
Exportations (millions de $)
114,8
125,3
142,0
127,4
Emplois
1 101
1 202
1 362
1 222
Masse salariale (millions de $)
29,4
32,0
36,3
32,6
Sources : Pêches et Aquaculture du Nouveau-Brunswick, Revue sommaire des pêches
 commerciales du Nouveau-Brunswick
, juin 1999. Alliance de l'industrie
 canadienne de l'aquaculture, Canadian Aquaculture Industry Profile and Labour
 Market Analysis
 
Valeur des ressources associées à la mer
29
Diagramme 2.8. L'aquaculture au Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés











 2.1.2 Transformation et fabrication associées à la mer
Valeur des ressources associées à la mer
30
Les industries de transformation et de fabrication associées à la mer comprennent
trois composantes principales : la transformation du poisson, la construction de navires et
 d'embarcations, et la technologie marine. Les deux premières sont des industries
 importantes, établies depuis longtemps. La troisième occupe encore une petite place au
 Nouveau-Brunswick et il n'est pas facile d'obtenir des données à son sujet, mais nous
l'avons présentée
 séparément à cause de
 son potentiel
 considérable.
Transformation du
 poisson
Les produits de la
pêche représentent
 environ 7 % du total des
 livraisons de produits
 transformés et fabriqués
 du Nouveau-Brunswick.
 La transformation reflète
 la pêche traditionnelle,
 les fruits de mer étant les
 espèces dominantes, bien
 que la mise en conserve
 des sardines soit
 également importante
 (avec une forte valeur
 ajoutée) et que, dans la
 baie de Fundy, la
 transformation des
 produits du saumon
 connaisse une hausse.
Une étude des usines de
 transformation du
 poisson effectuée par le
 MPO a montré que, en
 1995, environ 80 % des
 emplois dans ce secteur
 dépendaient des usines
 de fruits de mer, les
 autres 20 % étant dans
 les autres types
d'usines
8
. La transformation du poisson prédomine dans la région du golfe qui fournit
environ 82 % de la production totale.
 

8 Pêches et Océans Canada, La Revue statistique 1995, 1996, 1997, décembre 1998.
Valeur des ressources associées à la mer
31
Les diagrammes 2.9 et 2.10 montrent que ce secteur apporte une contribution
significative et croissante à l'économie du Nouveau-Brunswick depuis de nombreuses
 années. Les ventes sont passées d'une valeur inférieure à 100 millions de dollars en
 1970 à plus de 600 millions de dollars en 1996, un taux de croissance moyen d'environ
 15 % par année. Cependant, une partie de cette croissance est due à l'inflation. Bien que
 plus variable, le nombre d'emplois a aussi eu tendance à augmenter, pour atteindre
 environ 4 000 en 1996.

Le tableau 2.3 et le diagramme 2.11 présentent les données de base relativement à
la transformation du poisson pour la période de 1994 à 1996. Les moyennes montrent
 des ventes d'une valeur de 616 millions de dollars par année et l'emploi de 4 475
 personnes qui ont gagné un revenu global de 72,1 millions de dollars. Cette industrie est
 une exportatrice importante, les deux tiers de sa production, d'une valeur de 407 millions
 de dollars, étant vendus à l'extérieur de la province.
Tableau 2.3. La transformation du poisson au Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
1994
1995
1996
Moyenne
Ventes (millions de $)
589,4
648,5
611,4
616,4
Exportations (millions de $)
384,6
460,3
376,3
407,1
Emplois
4 442
4 827
4 155
4 475
Masse salariale (millions de $)
68,3
78,6
69,3
72,1
Source : Statistique Canada, catalogue n
o
31-203, site Web d'Industrie Canada : http://www.ic.gc.ca
Diagramme 2.11. La transformation du poisson au Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés












 
Valeur des ressources associées à la mer
32


 Construction de navires et d'embarcations
9
Au Nouveau-Brunswick, la construction de navires et d'embarcations est
fortement concentrée; elle est dominée par l'entreprise Saint John Shipbuilding Limited.
 Les chiffres de production de cette industrie sont grandement influencés par le
 programme pluriannuel de frégates canadiennes d'une valeur de 6,2 milliards de dollars,
 qui a été terminé au chantier naval en 1996. Par sa nature, le travail dans les grands
 chantiers de construction maritime du Canada n'est pas régulier. Des contrats importants
 occupent pendant quelques années une main-d'oeuvre qualifiée et ils exigent des facteurs
 de production spécialisés de la part d'un grand nombre d'autres industries; puis le travail
 cesse. Il en résulte une alternance de périodes « de festin et de famine ». De façon
 générale, partout au Canada, les chantiers de construction maritime connaissent des
 temps difficiles depuis la fin des années 1990, et cette situation se poursuit au début de
 l'an 2000. Ils ont peu de contrats et ils subissent une concurrence intense de la part des
 constructeurs asiatiques et européens. Deux navires porte-conteneurs sont presque
 terminés au chantier naval de Saint-Jean et les carnets de commandes sont vides. Quand
 le programme de frégates était à son maximum, le chantier comptait entre 3 000 et 4 000
 emplois (surtout de la main-d'oeuvre qualifiée). Ce nombre est maintenant réduit à
 quelques centaines d'emplois seulement et il diminuera encore si le chantier ne reçoit pas
 de nouvelles commandes.

La construction d'embarcations est une industrie beaucoup plus petite. Il existe
dix établissements dans ce secteur, mais la valeur de leur production globale est
 inférieure à celle du chantier de la Saint John Shipbuilding Limited. Dans ces ateliers de
 construction, le travail a tendance à être mieux réparti que sur les chantiers de
 construction maritime. Cependant, même ici il y a des variations selon les conditions de
 la pêche qui est, par tradition, la source de travail la plus importante de cette industrie.
 Quelques constructeurs d'embarcations ont réussi à diversifier leur entreprise pour
 occuper le marché plus lucratif des bateaux de plaisance.

9 En général, la distinction entre une embarcation et un navire dépend du poids ­ jusqu'à cinq tonnes, on
 parle d'une embarcation et au-delà de cinq tonnes, on parle d'un navire.
Tableau 2.4. La construction de navires et d'embarcations au
Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
1995
1996
1997
Moyenne
Ventes (millions de $)
512,1
326,7
66,3
301,7
Exportations (millions de $)
0,2
0,4
0,6
0,4
Emplois
2 383
1 420
303
1 369
Masse salariale (millions de $)
110,9
65,6
14,1
63,5
Source : Statistique Canada, catalogue n
o
31-203, site Web d'Industrie Canada : http://www.ic.gc.ca 
Valeur des ressources associées à la mer
33
Le tableau 2.4 et le diagramme 2.12 présentent les données de base relativement à
la construction de navires et d'embarcations pour la période de 1995 à 1997. Les
 moyennes montrent des ventes d'une valeur de 301,7 millions de dollars et l'emploi de
 1 369 personnes qui ont gagné un revenu global de 63,5 millions de dollars. Ces trois
 principaux indicateurs ont diminué rapidement au cours de la période et cette tendance va
 se poursuivre si le chantier de Saint-Jean ne reçoit pas de grosses commandes.
Diagramme 2.12. La construction de navires et d'embarcations au
Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés

















La technologie marine
L'industrie de la technologie marine occupe une petite place au
Nouveau-Brunswick. Il existe plusieurs fabricants de matériel de navigation et de
 matériel de contrôle et de surveillance associé à la mer, qui sont axés surtout sur le
 principal centre de construction maritime de Saint-Jean. Il est difficile d'obtenir des
 renseignements et nous présentons les données d'une seule année (1997) afin d'essayer
 d'évaluer l'importance relative de cette industrie. Selon ces chiffres, la technologie
 marine a une production d'une valeur de 8 millions de dollars; elle fournit des emplois
 directement à 30 personnes dont le revenu global est de un million de dollars.
Ces chiffres sont probablement trop faibles. Un grand nombre d'entreprises de
fabrication d'appareils et d'équipement pourraient très bien vendre à des entreprises
 associées à la mer, de sorte que leur production serait elle aussi associée à la mer. Il
 serait nécessaire d'effectuer une enquête spéciale pour déterminer quelles sont ces
 entreprises. Il est cependant important de noter ces données modestes parce que les
 entreprises de technologie marine offrent un potentiel considérable au
 Nouveau-Brunswick. Elles sont fondées sur les connaissances; elles accordent de très
Valeur des ressources associées à la mer
34
bons salaires; elles sont souvent orientées vers l'exportation et elles fabriquent des
 produits à haute valeur ajoutée.
2.1.3 Services associés à la mer

Services de traversiers

Les services de traversiers sont dominés par Marine Atlantique S.C.C., une
société d'État. Bien qu'ils soient inclus dans la présente analyse en tant que composante
 importante des industries associées à la mer, ils n'auront pas un rôle aussi proéminent
 dans les analyses futures étant donné les grands changements qui ont eu lieu au milieu
 des années 1990. Le principal changement a été le remplacement, en 1997, du service de
 traversiers de l'Île-du-Prince-Édouard (le service le plus important et le plus actif de
 Marine Atlantique S.C.C.) par le Pont de la Confédération .

L'autre ligne principale de Marine Atlantique S.C.C., qui relie Saint-Jean et
Digby, en Nouvelle-Écosse, fonctionne toujours, mais c'est maintenant un service privé.
 La plupart des employés en charge de ce service travaillent au Nouveau-Brunswick.
 Pendant longtemps, Marine Atlantique S.C.C. a eu son siège social à Moncton, mais
 l'entreprise a déjà déménagé une grande partie de ses fonctions et de son personnel près
 de sa dernière ligne importante, entre la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve. D'autres
 services de traversiers relient la partie continentale et les îles de la baie de Fundy,
 notamment l'île Grand Manan et Deer Island. Un petit traversier relie Dalhousie et
 Gaspé dans le nord. Les données relatives à tous ces services sont incluses dans la
 présente analyse.

Le tableau 2.5 et le diagramme 2.13 présentent les données économiques de base
des services de traversiers pour la période de 1995 à 1997. Les moyennes montrent une
 production d'une valeur de 33,5 millions de dollars pour la période de 1995 à 1997, et
 l'emploi de 424 personnes qui ont gagné un revenu global de 9,8 millions de dollars pour
 la période de 1996-1997. Notons que les données de l'année 1995 ne sont pas
 disponibles pour ces deux indicateurs.
Tableau 2.5. Les services de traversiers au Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
1995
1996
1997
Moyenne
Production (millions de $)
41,0
37,5
22,0
33,5
Emplois s.o.
423
426
424
Masse salariale (millions de $)
s.o.
11,7
7,8
9,8
Source : Marine Atlantique S.C.C., Canmac Economics Ltd., ministère des Transports du Nouveau-Brunswick 
Valeur des ressources associées à la mer
35
Diagramme 2.13. Les services de traversiers au Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés

















 Services de construction maritime
On entend par construction maritime la construction, l'entretien et la réparation
des docks, des quais, des brise-lames et des autres infrastructures maritimes nécessaires
 pour que toute entreprise ou toute activité qui utilise une embarcation puisse fonctionner
 ou être effectuée. Bien que le travaux soient habituellement payés par les
 gouvernements, ils sont généralement réalisés à contrat par des entreprises privées. La
 construction maritime peut varier énormément d'une année à l'autre en partie pour des
 considérations d'ordre fiscal. Le tableau 2.6 et le diagramme 2.14 présentent les données
 de base relativement aux services de construction maritime pour la période de 1995 à
 1997. Les moyennes montrent une production d'une valeur de 17,8 millions de dollars et
 l'emploi de 189 personnes qui ont gagné un revenu global de 5,9 millions de dollars.
Tableau 2.6. La construction maritime au Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
1995
1996
1997
Moyenne
Production (millions de $)
15,1
17,4
20,8
17,8
Emplois
161 18,5 221 189
Masse salariale (millions de $)
5,0
5,7
6,9
5,9
Source : Statistique Canada, catalogue n
o
61-223, Canmac Economics Ltd.
Valeur des ressources associées à la mer
36
Diagramme 2.14. La construction maritime au Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés

















Ports
La côte du Nouveau-Brunswick est parsemée de ports et de havres, mais du point
de vue de l'activité économique, le Port de Saint-Jean est le plus important. Ce port libre
 de glace est le quatrième en importance au Canada et il reçoit une vaste gamme de
 cargaisons en vrac, de marchandises diverses et de cargaisons conteneurisées. Il fait
 partie intégrante d'un grand nombre de secteurs commerciaux importants de la province
 puisqu'il est le centre d'exportation des produits forestiers, des produits pétroliers
 raffinés, de la potasse et du sel, et le centre d'importation du pétrole brut pour la grande
 raffinerie de Saint-Jean. D'autres ports de manutention des cargaisons ont une
 importance locale, à Miramichi, Belledune et Dalhousie.

Le tableau 2.7 et le diagramme 2.15 montrent le total des cargaisons
manutentionnées au Nouveau-Brunswick et en particulier à Saint-Jean, entre 1986 et
 1997. Au cours de cette dernière année, le Port de Saint-Jean a été responsable de 85 %
 du total des cargaisons manutentionnées dans les ports de la province. Entre 1986 et
 1997, le taux de croissance moyen du total des cargaisons manutentionnées a été de
 5,5 % par année au Nouveau-Brunswick et d'un peu moins de 5,1 % par année à
 Saint-Jean.
Valeur des ressources associées à la mer
37
Diagramme 2.15. Total des cargaisons manutentionnées ­ pour le Canada et pour
l'étranger, au Nouveau-Brunswick et à Saint-Jean

Le tableau 2.8 et le diagramme 2.16 présentent les données de base relativement
aux ports du Nouveau-Brunswick pour la période de 1995 à 1997. Les moyennes
 montrent des mouvements de cargaisons (utilisés ici comme approximation de la valeur
 de production qui n'est pas disponible) de 23,4 millions de tonnes, et l'emploi de
 2 700 personnes qui ont gagné un revenu global de 77,3 millions de dollars.

 
Tableau 2.7. Total des cargaisons manutentionnées ­ pour le Canada et pour
l'étranger, au Nouveau-Brunswick et à Saint-Jean
(millions de tonnes)
Année
Nouveau-Brunswick
Saint-Jean
1986 13,5 11,9
 1987 14,8 13,0
 1988 16,7 14,7
 1989 16,6 14,6
 1990 12,3 14,4
 1991 18,9 17,1
 1992 17,2 15,6
 1993 21,3 19,3
 1994 23,5 20,9
 1995 22,1 18,7
 1996 23,8 20,6
 1997 24,3 20,6
Source : Statistique Canada, catalogue n
o
54-205-XPB
Valeur des ressources associées à la mer
38
Diagramme 2.16. Les ports du Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés


Il existe bien d'autres ports et havres le long des côtes du Nouveau-Brunswick.
Le MPO a enregistré 131 ports pour petits bateaux, dont 50 devraient être transférés à une
 administration locale. Bien que ces ports et havres n'aient pas une grande influence sur
 l'impact économique direct, ils sont importants comme lieux d'accostage des bateaux de
 pêche et de plaisance. Il est difficile d'obtenir des chiffres précis, mais les dépenses
 ministérielles, dont il est question à la section 2.3 ci-après, atteignent presque 7 millions
 de dollars par année. 

Écotourisme associé à la mer
Le tourisme est une des industries dont la croissance est la plus rapide au monde.
Les chiffres concernant le tourisme international (c'est-à-dire les gens qui sortent de leurs
 frontières nationales) sont impressionnants. Entre 1989 et 1999, le nombre d'arrivées
 internationales dans le monde est passé de 426 millions à 668 millions, soit un taux de
 croissance moyen de 4,6 % par année. Les sommes d'argent que les touristes dépensent
 sont encore plus impressionnantes. Le total des rentrées de fonds dues aux arrivées
 internationales est passé de 262 milliards de dollars en 1989 à 651 milliards de dollars en
Tableau 2.8. Les ports du Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
1995
1996
1997
Moyenne
Mouvements de cargaisons (millions de
 tonnes)
22,1 23,8 24,3 23,4
Emplois
2 547
2 742
2 799
2 696
Masse salariale (millions de $)
73,0
78,6
80,2
77,3
Source : Port de Saint-Jean, Canmac Economics Ltd.
Valeur des ressources associées à la mer
39
1998, soit un taux de croissance moyen de 10,6 % par année
10
. Non seulement le nombre
de voyageurs internationaux augmente-t-il, mais leurs dépenses aussi.
 
L'écotourisme fait partie du tourisme général, mais personne ne sait exactement
quelle place il occupe parce qu'il n'y a pas de définition acceptée par tous. Les
 définitions qui existent mettent l'accent sur la jouissance active ou passive d'un certain
 aspect de l'environnement naturel. L'Organisation mondiale du tourisme a estimé les
 rentrées de fonds globales dues à l'écotourisme à 7 % de toutes les dépenses des touristes,
 soit 45,6 milliards de dollars en 1998. Ce secteur a connu une croissance même plus
 rapide que celle du tourisme en général. L'écotouriste est habituellement plus âgé que le
 touriste moyen; il est plus instruit; il se rend à des destinations plus éloignées; il y reste
 plus longtemps et il y dépense plus.

L'écotourisme associé à la mer est un créneau de l'écotourisme, mais on ne peut
en estimer l'importance que très approximativement, et ce, pour plusieurs raisons.
 Premièrement, de façon générale, le tourisme en tant qu'industrie n'a pas de limites bien
 définies; il recoupe les autres industries. Deuxièmement, la valeur économique de
 l'écotourisme est insaisissable parce que souvent ce qui est « consommé » (comme les
 plages, les dunes de sable, les oiseaux, les baleines, l'air pur et l'eau pure) n'a pas de
 valeur économique; il n'y a pas encore de marchés pour ces produits ou ce sont des
 marchés imparfaits. De même que pour les autres biens intégrant l'environnement, la
 société a tendance à sous-évaluer leur valeur, au point de les considérer souvent comme
 étant « gratuits ».

Ceci ne veut pas dire qu'il n'existe aucune évaluation au prix du marché pour ces
services. Les touristes couvrent souvent des distances considérables pour profiter d'une
 attraction particulière; le coût de leur voyage donne donc une « valeur » approximative à
 cette attraction. Pendant qu'ils sont dans les environs de l'attraction, ils dépensent pour
 se nourrir et pour se loger. Toutefois, une grande partie de ces dépenses se retrouvent
 dans les poches des personnes qui fournissent de tels services et il est difficile de séparer
 la partie de ces dépenses qui « appartient » en propre à l'attraction qui a tout d'abord
 attiré les touristes à cet endroit. Par exemple, la plus grande partie du revenu de
 l'observation des baleines revient aux propriétaires de bateaux qui amènent les touristes
 sur les lieux. Certaines attractions comme les parcs nationaux ou provinciaux réussissent
 à saisir une partie des dépenses directes du consommateur en imposant des droits
 d'entrée, et l'importance de ces droits est déterminée en partie par la demande provenant
 de l'attraction, comme c'est le cas pour le prix des autres produits et services.

Nous avons adopté dans la présente étude une estimation très modérée de
l'écotourisme qui minimise considérablement l'impact économique réel de l'écotourisme
 associé à la mer au Nouveau-Brunswick parce qu'elle ne couvre que deux
 « fournisseurs » précis : les deux parcs nationaux, l'un sur la baie de Fundy et l'autre sur
 la partie sud du golfe du Saint-Laurent. Ce sont les seuls endroits où nous avons pu

10 Le taux d'augmentation en dollars américains, à partir duquel ces chiffres ont été convertis en dollars
 canadiens, était de 7,9 % par année. La différence s'explique par la valeur décroissante du dollar canadien
 au cours de cette période, celui-ci étant passé de 0,8446 $US en 1989 à 0,685 $US en 1998.
Valeur des ressources associées à la mer
40
obtenir de bonnes données sur le nombre de visiteurs et sur leurs dépenses. La plupart
 des visiteurs se rendent dans les parcs au moins en partie pour profiter de l'expérience de
 la mer. Nous avons utilisé leurs dépenses pour estimer l'impact direct du marché de
 l'écotourisme, ce qui nous a permis de calculer les impacts plus étendus.

Le parc national Fundy offre des plages rocheuses et des falaises abruptes qui se
transforment vers l'intérieur en vallées boisées et profondes, ainsi que les fameuses
 marées de la baie de Fundy. Fondé en 1948, le parc s'étend sur 206 kilomètres carrés,
 dans le sud du Nouveau-Brunswick. Plus au nord, dans le comté de Kent, le parc
 national Kouchibouguac couvre 238 kilomètres carrés. Il est formé d'un mélange
 d'habitats marins et terrestres, incluant des plages, des dunes de sable, des lagunes, des
 tourbières de marais salés, des rivières, des forêts et des champs. Les deux parcs abritent
 une faune abondante et de taille diversifiée, comprenant des oiseaux, des animaux marins
 et des animaux de la forêt.

La contribution des parcs nationaux à l'économie du Nouveau-Brunswick
comprend deux composantes : des dépenses directes et un impact économique. Les
 dépenses directes incluent l'argent alloué au fonctionnement et à l'entretien (F&E) par
 Parcs Canada. L'impact économique est défini comme étant le total des dépenses
 estimées des visiteurs qui entraînent des revenus et des emplois pour les personnes qui
 vivent autour des parcs, en plus de l'activité économique produite par les dépenses de
 F&E.

Le nombre de visites-personnes donne une indication de la demande
d'écotourisme associé à la mer. Le tableau 2.9 et le diagramme 2.17 montrent la
 croissance du nombre de visites-personnes dans les parcs Fundy et Kouchibouguac, de
 1994-1995 à 1998-1999. Il s'agit des années financières qui vont du 1
er
avril au 31 mars,
par conséquent la période de visite la plus importante de 1998-1999 serait l'été de 1998.
 Le parc Fundy a été légèrement plus populaire avec 51 % du nombre combiné de visites
 en 1994-1995 et 53 % en 1998-1999. Le nombre des visites a varié dans les deux parcs;
 il est resté stable ou il a diminué de 1994-1995 à 1997-1998, mais il a augmenté
 rapidement en 1998-1999.
Tableau 2.9. Nombre de visites-personnes dans les parcs nationaux Fundy et
Kouchibouguac
1994-1995
1995-1996
1996-1997
1997-1998
Moyenne
Fundy
241 076
233 474
220 714
236 147
232 853
Kouchibouguac
230 089
226 631
229 562
229 572
228 963
Source : Site Web de Parcs Canada, http://www.parkscanada.gc.ca
Valeur des ressources associées à la mer
41
Diagramme 2.17. Nombre de visites-personnes dans les parcs nationaux Fundy et
Kouchibouguac

Le tableau 2.10 et le diagramme 2.18 présentent les données de base relativement
aux deux parcs nationaux pour la période de 1995 à 1997. Les moyennes montrent une
 production d'une valeur de 25,9 millions de dollars et l'emploi de 290 personnes qui ont
 gagné un revenu global de 8,1 millions de dollars.






Tableau 2.10. L'écotourisme associé à la mer au Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
Parcs nationaux Fundy et Kouchibouguac
1995
1996
1997
Moyenne
Production (millions de $)
25,6
25,4
26,7
25,9
Emplois 289
287
296
290
Masse salariale (millions de $)
7,8
7,4
9,0
8,1
Source : Parcs Canada, Gardner Pinfold, Economic Impacts of National Parks & Historic Sites,
 Canmac Economics Ltd. 
Valeur des ressources associées à la mer
42
Diagramme 2.18. L'écotourisme associé à la mer au Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
Parcs nationaux Fundy et Kouchibouguac























Ce ne sont que deux des nombreuses attractions touristiques marines au
Nouveau-Brunswick. D'autres lieux sont bien connus, par exemple le Cap Hopewell et
 ses rochers, et les chutes réversibles, sur la baie de Fundy, la plage Parlee et l'écocentre
 Irving nouvellement ouvert sur la dune de Bouctouche (dont la construction a coûté 2,8
 millions de dollars de 1996 à 1998) dans le sud du golfe du Saint-Laurent. S'il était
 possible d'obtenir des données globales pour ces attractions, alors l'importance
 économique de l'écotourisme marin augmenterait. Cela permettrait également de tenir
 compte des autres activités associées à la mer comme l'utilisation des plages qui n'est
 habituellement pas incluse dans l'écotourisme.

Au cours des dernières années, les efforts provinciaux de promotion ont mis
l'accent en particulier sur les attractions naturelles de la baie de Fundy. Il faut tenir
 compte du lien important entre la mer et l'expansion du tourisme au Nouveau-Brunswick;
 le total des revenus bruts de tous les types de tourisme a été estimé à 920 millions de
 dollars en 1999. Le rôle joué par l'écotourisme dans ce total augmente et il est
 particulièrement important à cause de la proximité de l'affluent marché touristique
 américain.
Recherche et services connexes associés à la mer
La recherche et les services connexes associés à la mer constituent une importante
source d'innovation pour le Nouveau-Brunswick. Le Centre des sciences de la mer
 Huntsman à St. Andrews, par exemple, est à la fois un centre d'enseignement et de
 recherche financé conjointement par un consortium d'universités de l'est du Canada et
 par les gouvernements fédéral et provincial. On y effectue de la recherche fondamentale
Valeur des ressources associées à la mer
43
et appliquée dans le domaine des activités associées à la mer et le centre abrite également
 un aquarium et un musée. Des services de recherche et d'autres services sont également
 offerts par le Conseil provincial de la recherche et de la productivité, l'Université de
 Moncton, l'École des pêches de Caraquet et le Collège communautaire du
 Nouveau-Brunswick, campus de St. Andrews.

Le tableau 2.11 et le diagramme 2.19 présentent les données de base relativement
à la recherche et aux services connexes pour la période de 1995 à 1997. Les moyennes
 montrent une production totale d'une valeur de 2,4 millions de dollars et l'emploi de
 56 personnes qui ont gagné un revenu global de 1,4 million de dollars.
Tableau 2.11. La recherche et les services connexes associés à la mer au
Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
1995
1996
1997
Moyenne
Production (millions de $)
3,0
2,1
2,0
2,4
Emplois 72
48
48
56
Masse salariale (millions de $)
1,8
1,2
1,2
1,4
Source : Rapports annuels du Centre des sciences de la mer Huntsman, Conseil de la recherche
 et de la productivité du Nouveau-Brunswick, Université de Moncton, École des pêches,
 Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, campus de St. Andrews
Diagramme 2.19. La recherche et les services connexes associés à la mer au
Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés


Valeur des ressources associées à la mer
44
2.2 Secteur public
Au Nouveau-Brunswick, quatre ministères gouvernementaux ont un mandat et
des responsabilités qui visent entièrement ou partiellement les activités associées aux
 ressources marines. Du côté fédéral, le ministère des Pêches et des Océans (MPO)
 consacre la plus grande partie de ses ressources aux activités associées à la mer et
 Environnement Canada affecte une part de ses dépenses à ce secteur. Au
 Nouveau-Brunswick, le ministère des Pêches et de l'Aquaculture et le ministère de
 l'Environnement s'occupent également dans une mesure plus ou moins grande des
 activités associées à la mer. D'autres ministères provinciaux ont des intérêts ou des
 activités qui touchent le domaine maritime, dont le ministère des Ressources naturelles et
 de l'Énergie, le ministère du Développement économique, du Tourisme et de la Culture,
 et le ministère des Transports, mais leur impact est plutôt faible.
Ministère des Pêches et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick
11
C'est le plus important des ministères provinciaux qui ont un intérêt dans les
ressources marines. Sa principale mission est « de contribuer au développement d'une
 industrie aquacole et des pêches axées sur une économie de marché. Ce développement
 devrait reposer sur des principes commerciaux, environnementaux et de santé publique.
 Les activités du Ministère visent à aider la province à tirer de ses ressources le plus
 d'avantages économiques possibles à long terme. Le Ministère a pour clients,
 notamment, les pêcheurs côtiers, semi-hauturiers, et hauturiers, les aquaculteurs, les
 usines de traitement du poisson ainsi que les détaillants et les grossistes de produits de la
 mer. »
Le secteur des pêches et de l'aquaculture est la quatrième industrie en importance
au Nouveau-Brunswick, après la foresterie, l'agriculture et l'exploitation minière. Le
 tableau 2.12 et le diagramme 2.20 présentent les données de base relativement au
 ministère des Pêches et de l'Aquaculture pour la période de 1995-1996 à 1997-1998. Les
 moyennes montrent des dépenses annuelles directes de 14,6 millions de dollars (en fait,
 les dépenses ont augmenté de près de 16 % entre 1995-1996 et 1997-1998) et l'emploi de
 141 personnes qui ont gagné un revenu global de 7,7 millions de dollars.
Tableau 2.12. Ministère des Pêches et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
1995-1996
1996-1997
1997-1998
Moyenne
Dépenses (millions de $)
14,0
13,7
16,1
14,6
Emplois 142
140
140
141
Masse salariale (millions de $)
7,2
8,0
8,0
7,7
Source : Ministère des Pêches et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick

11 Au moment de terminer le présent rapport, le ministère des Pêches et de l'Aquaculture était démantelé et
 ses composantes étaient incorporées à d'autres ministères.
Valeur des ressources associées à la mer
45
Diagramme 2.20. Ministère des Pêches et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés




















Ministère de l'Environnement du Nouveau-Brunswick
12
Le ministère de l'Environnement du Nouveau-Brunswick s'intéresse également
aux ressources marines, mais relativement peu par rapport au ministère des Pêches et de
 l'Aquaculture. La mission du Ministère est « d'assurer un leadership dans la protection
 et la conservation de l'environnement, de façon à contribuer à la durabilité économique,
 sociale et environnementale du Nouveau-Brunswick, pour les générations futures et
 actuelles. » Cette mission s'applique aux régions et aux milieux marins. Le Ministère
 participe aussi à des organismes tels que le Conseil du golfe du Maine sur le milieu
 marin.
Le Ministère s'intéresse en outre aux études sur le traitement des déchets
municipaux dans les régions côtières et, en fait, à toutes les sources terrestres de
 pollution, tant résidentielles qu'industrielles, qui ont un effet évident sur les ressources
 marines. Le Ministère peut également exiger des évaluations du milieu, dans les régions
 maritimes.

Le tableau 2.13 et le diagramme 2.21 présentent les données de base relativement
au ministère de l'Environnement du Nouveau-Brunswick pour la période de 1995-1996 à
 1997-1998. Les moyennes montrent des dépenses annuelles de 2,2 millions de dollars
 pour les activités associées à la mer, soit 6,3 % du budget du Ministère en 1997-1998, et
 l'emploi de quatre personnes qui ont gagné un revenu global de 230 000 $.

12 Au moment de terminer le présent rapport, le ministère de l'Environnement du Nouveau-Brunswick est
 devenu une partie du nouveau ministère de l'Environnement et des Gouvernements locaux qui a également
 absorbé une partie de l'ancien ministère des Pêches et de l'Aquaculture (voir la note 7).
Valeur des ressources associées à la mer
46

Tableau 2.13. Ministère de l'Environnement du Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés
1995-1996
1996-1997
1997-1998 Moyenne
Dépenses (millions de $)
1,8
2,8
1,8
2,2
Emplois
3,6 4,5 4,5 4,2
Masse salariale (millions de $)
0,2
0,3
0,3
0,2
Source : Ministère de l'Environnement du Nouveau-Brunswick
Diagramme 2.21. Ministère de l'Environnement du Nouveau-Brunswick
Indicateurs économiques clés

Pêches et Océans Canada (MPO)
La mission du MPO est la suivante : « gérer les océans et les principales voies
navigables du Canada pour qu'ils soient propres, sûrs, productifs et accessibles, assurer
 l'utilisation durable des ressources halieutiques et faciliter le commerce maritime. » Le
 Ministère a la responsabilité principale de la gestion et de la réglementation des pêches
 maritimes au Canada, ce qui inclut la recherche scientifique, l'évaluation des stocks, la
 délivrance des permis de pêche commerciale, l'application des lois, la recherche
 océanographique, l'élaboration des cartes hydrographiques, les services de sauvetage,
 l'installation et l'entretien des bouées et un grand nombre de ports pour petits bateaux.
En outre, depuis le 1
er
avril 1995, la Garde côtière canadienne (GCC) relève du
MPO; elle offre des services tels que les opérations de recherche et de brise-glace. Cette
 fusion a réuni les deux principaux programmes de services maritimes civils en un seul
 ministère. Le MPO est maintenant un des ministères fédéraux les plus importants, avec
 un budget de 1,1 milliard de dollars en 1997-1998 et 9 200 employés. C'est le seul
Valeur des ressources associées à la mer
47
ministère fédéral dont le mandat porte sur les « océans »; il est responsable de la gestion
 des ressources aquatiques, du milieu marin, et des services de sécurité maritime.

Le MPO gère la pêche de deux régions du Nouveau-Brunswick. La pêche du
golfe relève de la région du golfe, dont le bureau central se trouve à Moncton et dont le
 personnel comprend des gestionnaires des pêches, des scientifiques, des hydrographes et
 des techniciens. Un bureau régional est situé à Tracadie-Sheila. La pêche de la baie de
 Fundy relève de la région Scotia-Fundy, dont le bureau central se trouve à Dartmouth, en
 Nouvelle-Écosse. Un bureau régional est situé sur la rive sud-ouest du
 Nouveau-Brunswick, à la Station biologique de St. Andrews.

La GCC a une base d'exploitation à Saint-Jean qui couvre la baie de Fundy et les
eaux adjacentes jusqu'à Cape Sable Island, sur la pointe méridionale de la
 Nouvelle-Écosse. Cette base est équipée des navires et du matériel nécessaires pour une
 intervention en cas de pollution, pour l'entretien des bouées, pour les services de
 recherche et de sauvetage, et pour d'autres tâches.
Le tableau 2.14 et le diagramme 2.22 présentent les données de base relativement
au ministère des Pêches et des Océans pour la période de 1995-1996 à 1997-1998. Les
 moyennes montrent que le MPO a dépensé 42,4 millions de dollars au
 Nouveau-Brunswick, mais le montant des dépenses a diminué d'année en année (il a
 connu une réduction totale de 20 % au cours de cette période). Les moyennes montrent
 également l'emploi de plus de 600 personnes qui ont gagné un revenu global de plus de
 20 millions de dollars.

Tableau 2.14. Pêches et Océans Canada
Indicateurs économiques clés
1995-1996
1996-1997
1997-1998
Moyenne
Dépenses (millions de $)
48,1
40,4
38,7
42,4
Emplois 596
576
666
613
Masse salariale (millions de $)
23,9
20,5
22,2
22,2
Source : Pêches et Océans Canada
Valeur des ressources associées à la mer
48
Diagramme 2.22. Pêches et Océans Canada
Indicateurs économiques clés


















Environnement Canada
Environnement Canada est un ministère à vocation scientifique dont le mandat
inclut la préservation et la mise en valeur de la qualité du milieu naturel, les ressources
 renouvelables (y compris les oiseaux migrateurs, la flore et la faune non indigènes), la
 météorologie, et la coordination des politiques et des programmes environnementaux du
 gouvernement fédéral. Le Ministère est divisé en cinq régions intégrées qui couvrent tout
 le Canada, dont la région de l'Atlantique qui a un bureau à Dartmouth, en
 Nouvelle-Écosse. Il compte approximativement 4 900 employés et il a un budget courant
 de 546
millions de dollars. Il a des bureaux météorologiques et autres au
Nouveau-Brunswick, y compris le bureau central du Service canadien de la faune pour la
 région de l'Atlantique, à Sackville.
Le tableau 2.15 et le diagramme 2.23 présentent les données de base relativement
à Environnement Canada pour la période de 1995-1996 à 1997-1998. Le Ministère a subi
 des coupures budgétaires semblables à celles des autres ministères fédéraux. Les
 moyennes de la période à l'étude montrent des dépenses annuelles de 6,7 millions de
 dollars au Nouveau-Brunswick et l'emploi direct de 89 personnes qui ont gagné un
 revenu global de 4,4 millions de dollars.
Valeur des ressources associées à la mer
49
Diagramme 2.23. Environnement Canada
Indicateurs économiques clés

2.3 Division de l'activité économique entre le golfe du
 Saint-Laurent et la baie de Fundy
Le secteur maritime du Nouveau-Brunswick se divise en deux principales
sous-régions naturelles : la baie de Fundy et le sud du golfe du Saint-Laurent (comme le
 montre la carte 1, page 2). Chacune de ces sous-régions regroupe différentes activités
 associées à la mer. Le tableau 2.16 et le diagramme 2.24 montrent les estimations de la
 production totale directe des industries privées du secteur maritime dans chacune de ces
 deux régions. La pêche traditionnelle et la transformation du poisson sont plus
 importantes dans le sud du golfe du Saint-Laurent, alors que l'aquaculture joue un rôle
 beaucoup plus important dans la baie de Fundy, tout comme la construction de navires et
 d'embarcations, les ports et les activités de recherche. Les services de traversiers et
 l'écotourisme sont mieux répartis entre les deux régions. Au total, les activités
 économiques se divisent dans une proportion de 57:43 en faveur de la région du golfe.

Tableau 2.15. Environnement Canada
Indicateurs économiques clés
1995-1996
1996-1997
1997-1998
Moyenne
Dépenses (millions de $)
8,1
5,5
6,5
6,7
Emplois 106
78
84
89
Masse salariale (millions de $)
5,2
3,9
4,1
4,4
Source : Environnement Canada
Valeur des ressources associées à la mer
50
Tableau 2.16. Production du secteur privé au Nouveau-Brunswick et dans les bassins
hydrographiques du golfe du Saint-Laurent et de la baie de Fundy
(moyenne de 1995, 1996 et 1997, en millions de dollars)
Nouveau-Brunswick
Baie de Fundy
Golfe du Saint-Laurent
Transformation du poisson
616,4
135,6
480,8
Construction de navires et
 d'embarcations
301,7 229,3 72,4
Pêche traditionnelle
165,0
36,3
128,7
Ports (a)
(a)
(a)
Aquaculture 131,3
124,7
6,6
Traversiers 33,5
20,1
13,4
Écotourisme 25,9
13,9
11,9
Construction maritime
17,8
5,3
12,5
Technologie marine
8,3
4,6
3,7
Recherche et services connexes 2,4 2,1
0,3
Total (b)
1 302,3
571,9
730,3
% du total
100,0
43,2
56,8
(a) Les données sur la production des ports ne sont pas disponibles. Le secteur est inséré ici selon le rang de sa
 contribution directe au PIB telle que déterminée ci-dessous.
 (b) À l'exclusion des ports.
 Source : calculs effectués par Mandale Consulting, Canmac Economics Ltd. 
Valeur des ressources associées à la mer
51
Diagramme 2.24. Estimations de la production totale directe du secteur privé
Activités économiques du secteur maritime au Nouveau-Brunswick et dans les
bassins hydrographiques du golfe du Saint-Laurent et de la baie de Fundy
Valeur des ressources associées à la mer
52
2.4 Sommaire des secteurs privé et public réunis

Le tableau 2.17 donne des renseignements sommaires sur la contribution directe
de tout le secteur maritime à l'économie du Nouveau-Brunswick. Cette contribution est
 importante d'après les mesures brutes indiquées dans le présent chapitre : elle représente
 4,8 % du nombre total d'emplois dans la province, 4,3 % du PIB et 4,1 % du revenu des
 ménages. La façon dont sont calculés la valeur du PIB et les autres indicateurs fait
 l'objet du prochain chapitre.

Contrairement à la situation en Nouvelle-Écosse, le secteur privé domine au
Nouveau-Brunswick. Il représente 95 % de la production totale du secteur maritime,
 96 % de l'emploi et 91 % du revenu. Évidemment, dans certains cas, l'activité
 sous-jacente à ces chiffres découle de contrats gouvernementaux, en particulier dans les
 secteurs de la construction maritime et des services. Mais la plus grande partie du travail
 réel est quand même effectuée par les industries privées. Ceci met en évidence le rôle
 important qui revient tant aux gouvernements qu'aux industries privées dans le secteur
 maritime du Nouveau-Brunswick, où divers facteurs économiques et environnementaux
 sont souvent inséparables.
Valeur des ressources associées à la mer
53
Tableau 2.17. Sommaire du secteur maritime, données de base
(moyenne de 1995, 1996 et 1997)
(Classement selon la production, secteurs privé et public)
Production
directe
(millions de $)
Contribution
directe au PIB
(millions de $)
(a)
Nombre d'emplois
directs
Contribution
directe aux revenus
(millions de $)
SECTEUR PRIVÉ
Transformation du poisson
616,4
147,4
4 475
72,1
Construction de navires et
 d'embarcations
301,7 159,9 1
369
63,5
Pêche traditionnelle
165,0
98,2
3 492
63,0
Ports (b)
77,3
(c)
2
696
77,3
Aquaculture 131,3
57,4
1
222
32,6
Traversiers 33,5
9,8(c)
424
9,8
Écotourisme 25,9
10,7
290
8,1
Construction maritime
17,8
9,4
189
5,9
Technologie marine
8,3
3,6
30
1,0
Recherche et services connexes 2,4 1,4 (c)
56
1,4
TOTAL DU SECTEUR PRIVÉ
1 302,3 (d)
575,1
14 243
334,7
SECTEUR PUBLIC
Pêches et Océans Canada
42,4
22,2 (c)
613
22,2
Pêches et Aquaculture, N.-B.
14,6
7,7 (c)
141
7,7
Environnement Canada
6,7
4,4 (c)
89
4,4
Environnement, N.-B.
2,2
0,2 (c)
4,0
0,2
TOTAL DU SECTEUR PUBLIC
65,9
34,5 (c)
847
34,5
TOTAL GÉNÉRAL
 (RAPPORT SECTEUR
 PRIVÉ/SECTEUR PUBLIC)
1 368,2
(95:5)
609,6
(94:6)
15 090
(94:6)
369,2
(91:9)
TOTAL POUR LE
 NOUVEAU-BRUNSWICK
14 295
314 000
8 945
Secteur maritime en pourcentage
 direct de l'économie du N.-B.
4,3 4,8
4,1
(a) Ceci fait l'objet du prochain chapitre.
 (b) Données non disponibles.
 (c) Lorsque les rapports permettant d'estimer le PIB à partir de la production n'existent pas ou lorsqu'il est trop difficile
 d'en tirer les données, il est de pratique courante d'utiliser les chiffres de la masse salariale comme PIB. Ceci est utilisé
 particulièrement pour estimer la contribution au PIB du secteur public et des autres organismes ou activités
 quasi-publics.
 (d) À l'exclusion des ports.
 Source : calculs effectués par Mandale Consulting, Canmac Economics Ltd. 

Valeur des ressources associées à la mer
54
Chapitre trois
Étude des impacts plus vastes du secteur maritime :
effets directs, indirects et induits
Les données utilisées jusqu'à maintenant dans le présent rapport pour décrire le
secteur maritime permettent de se faire une première idée de l'importance de celui-ci
 dans l'économie du Nouveau-Brunswick, mais elles peuvent également servir à montrer
 beaucoup plus. Pour ce faire, nous utilisons le modèle d'entrées-sorties de l'économie
 provinciale. La présente section décrit d'abord brièvement le modèle d'entrées-sorties et
 son fonctionnement. (Une explication plus détaillée se trouve à l'Annexe B.)

Un modèle d'entrées-sorties vise à établir un lien entre, d'une part, la demande
concernant la production (sorties) d'un secteur et sa propre demande de facteurs de
 production (entrées) et, d'autre part, le rendement de chacun des autres secteurs d'une
 économie. Un secteur « ménages » permet d'intégrer au modèle les consommateurs ainsi
 que la façon dont leurs achats se répercutent dans l'ensemble de l'économie lorsqu'ils
 dépensent en biens et en services l'argent qu'ils ont gagné avec leur travail. Les trois
 impacts fondamentaux décrits dans le présent chapitre sont les impacts direct, indirect et
 induit. L'impact direct du secteur maritime est défini comme étant la valeur totale de sa
 production, ou les valeurs expliquées au deuxième chapitre du présent rapport, moins les
 doubles comptes (voir ci-après). L'impact indirect est la valeur totale de la production
 des autres secteurs qui approvisionnent le secteur maritime, incluant les « fournisseurs
 des fournisseurs » du secteur maritime. L'impact induit réfère à la production
 industrielle additionnelle qui a lieu lorsque les ménages dépensent le revenu qu'ils ont
 gagné dans le secteur maritime ou chez les fournisseurs de ce secteur. La somme de ces
 trois impacts donne l'impact total.
3.1 Résultats de l'impact économique
L'exercice de modélisation de l'impact signifie que l'on prend les valeurs de la
production directe du secteur maritime calculées au chapitre précédent et que l'on estime
 leurs impacts plus vastes. Il faut donc suivre les dépenses locales de toutes les industries
 privées et de tous les ministères gouvernementaux lorsqu'ils achètent des biens et des
 services auprès des fournisseurs. La première étape de ce processus consiste à éliminer
 les doubles comptes entre chaque industrie et ministère indiqués. Par exemple, les usines
 de transformation du poisson achètent le poisson des pêcheurs traditionnels. Si nous
 mesurons l'impact économique de la pêche traditionnelle et celui de l'industrie de la
 transformation du poisson dans les valeurs brutes expliquées au deuxième chapitre, nous
 comptons le même poisson deux fois puisqu'il fait partie de la production des deux
 secteurs. Afin d'éviter cela, nous devons d'abord éliminer les ventes interindustries entre
 les secteurs associés à la mer. Notons que ceci ne diminue en rien la valeur ou
 l'importance de l'industrie qui « perd » la part comptée deux fois et habituellement
 attribuée à l'activité ayant la valeur ajoutée la plus élevée (par exemple, dans le cas de la
 pêche et de la transformation du poisson, elle serait attribuée à cette dernière).

Nous manquons de données sur l'importance des ventes de l'industrie dans le
secteur maritime. Il est probable qu'une grande proportion de la production de la pêche
Valeur des ressources associées à la mer
55
traditionnelle est en fait achetée par les usines de transformation du poisson situées au
 Nouveau-Brunswick, ce qui représente le double compte le plus important. Les autres
 ventes interindustries sont probablement très faibles, bien qu'elles puissent être estimées
 ­ la pêche traditionnelle, par exemple, achète la plus grande partie de la production du
 secteur de la construction d'embarcations, mais étant donné que celui-ci est aggloméré
 avec la construction de navires, ce double compte serait très faible et n'apparaîtrait pas
 dans la modélisation. Afin de tenir compte du double compte dans les industries
 associées à la pêche (à l'exception de l'aquaculture), nous utilisons la pêche traditionnelle
 pour indiquer l'impact direct et nous combinons la pêche traditionnelle avec la
 transformation du poisson pour calculer les impacts indirect et induit. Nous
 sous-estimons ainsi les impacts plus vastes de la pêche traditionnelle parce qu'une partie
 du poisson est vendue directement sur les marchés d'exportation ou au consommateur
 final, mais il est difficile de faire un calcul plus précis à cause du manque de données.

3.2 Impacts sur le PIB
La contribution directe globale des industries privées du secteur maritime au PIB
du Nouveau-Brunswick s'élève à 575 millions de dollars (tableau 3.1 et diagramme 3.1).
 En estimant les impacts indirect et induit (au moyen des « multiplicateurs » inclus dans
 les modèles d'entrées-sorties), nous obtenons pour ces industries une contribution totale
 au PIB de la province de 7,2 %, soit plus d'un milliard de dollars (1 031 millions de
 dollars). Le tableau 3.4 indique la part attribuée aux trois principaux indicateurs.
 L'industrie de la transformation du poisson est celle dont la contribution au PIB total est
 la plus élevée. Lorsque nous combinons cette industrie avec la pêche traditionnelle,
 l'impact total sur le PIB est de 458 millions de dollars, soit 46,6 % du total de toutes les
 industries privées associées à la mer, ou 3,2 % de l'économie provinciale. Si nous
 ajoutons l'aquaculture, la contribution au PIB du Nouveau-Brunswick augmente à 3,8 %
 ou 546 millions de dollars.

D'autres industries associées à la mer apportent une contribution importante à
l'économie provinciale, notamment la construction de navires et d'embarcations, et les
 ports. Lorsqu'ils sont combinés, les cinq secteurs les plus importants (les trois associés à
 la pêche plus les deux susmentionnés) dominent l'industrie privée du secteur maritime et
 représentent environ 94 % de sa contribution totale au PIB. Les autres industries
 apportent 63 millions de dollars au PIB, mais leur importance réside surtout dans leur
 potentiel, en particulier en ce qui concerne l'écotourisme, la technologie marine et les
 services de recherche.

En termes de PIB, les activités du secteur public sont dominées par le MPO, bien
que le ministère des Pêches et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick et
 Environnement Canada jouent également un rôle important. Il est intéressant de noter
 que l'activité directe du secteur public représente une petite partie (moins de 5 %) de
 toutes les entreprises du secteur maritime, une proportion qui semble encore plus faible
 lorsque l'on considère les responsabilités cruciales du secteur public dans la gestion et la
 réglementation de l'utilisation des ressources marines et des activités connexes.

Valeur des ressources associées à la mer
56
Tableau 3.1. Le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
Impact sur le produit intérieur brut, moyenne de 1995, 1996 et 1997
(millions de dollars) (classement par sous-groupes selon la contribution totale au PIB)
Production
Contribution
directe au
PIB
Contribution
 totale au PIB
% du total
partiel
% du total
général
SECTEUR PRIVÉ
Transformation du poisson
616,4
147,4
359,9
36,6
34,9
Construction de navires et
 d'embarcations
301,7 159,9 232,1 23,6 22,5
Ports (a)
77,3
140,9
14,3
13,7
Pêche traditionnelle
165,0
98,2
98,2
10,0
9,5
Aquaculture 131,3
57,4
88,0
9,0
8,6
Traversiers 33,5
9,8
22,4
2,3
2,2
Écotourisme 25,9
10,7
17,1
1,7
1,7
Construction maritime
17,8
9,4
12,0
1,2
1,2
Technologie marine
8,3
3,6
8,4
0,8
0,8
Recherche et services
 connexes
2,4 1,4 3,2 0,3 0,3
Total partiel
1 302,3
575,1
982,2
100,0
95,2
SECTEUR PUBLIC
Pêches et Océans Canada
42,4
22,2
30,5
62,2
3,0
Pêches et Aquaculture, N.-B.
14,6
7,7
11,6
23,7
1,1
Environnement Canada
6,7
4,4
6,6
13,5
0,6
Environnement, N.-B.
2,2
0,2
0,3
0,6
(b)
Total partiel
65,9
34,5
49,0
100,0
4,8
Total général
1 368,2
609,6
1 031,2
100,0
(a) Les chiffres sur la valeur en dollars de la production des ports ne sont pas disponibles.
 (b) Moins de 0,05 %. Il est possible que les totaux ne donnent pas 100 % à cause de l'arrondissement des données.
 Source : calculs effectués par Mandale Consulting, Canmac Economics Ltd.
Valeur des ressources associées à la mer
57
Diagramme 3.1. Le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
Impact sur le produit intérieur brut, moyenne de 1995, 1996 et 1997
(classement par sous-groupes selon la contribution totale au PIB)


Valeur des ressources associées à la mer
58
3.3
Impacts sur le revenu des ménages
La contribution au revenu total des ménages du Nouveau-Brunswick fournie par
les personnes qui travaillent dans le secteur maritime est de 9,2 % ou 821 millions de
 dollars, selon les données officielles sur les traitements et les salaires (tableau 3.2 et
 diagramme 3.2). Encore une fois, la transformation du poisson est l'industrie la plus
 importante, suivie par les ports et par la construction de navires et d'embarcations. Le
 classement des ports en deuxième place et de la construction de navires en troisième
 place dans ce domaine (l'inverse du classement pour le PIB) peut s'expliquer en partie
 par le fait que la construction de navires est une industrie de capital alors que les services
 des ports sont une activité à prédominance de main-d'oeuvre. Ceci signifie que les
 profits économiques de la construction de navires ont plus de chances d'être saisis par les
 propriétaires du capital et que ceux des ports ont plus de chances d'être saisis par les
 « propriétaires » du travail (les travailleurs). La contribution au revenu des ménages des
 trois secteurs associés à la pêche est de 4,4 % du total du Nouveau-Brunswick, soit 390
 millions de dollars.

Dans le secteur public, le MPO et le ministère des Pêches et de l'Aquaculture du
Nouveau-Brunswick sont encore une fois à la tête. La contribution des ministères au
 revenu des ménages (environ 7 %) est plus importante que leur contribution au PIB
 (moins de 5 %) parce que le secteur public accorde habituellement des salaires plus
 élevés que le secteur privé.
Valeur des ressources associées à la mer
59

Tableau 3.2. Le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
Impact sur le revenu des ménages, moyenne de 1995, 1996 et 1997
(millions de $) (classement par sous-groupes selon l'impact total)
Contribution
directe au revenu
des ménages
Contribution
totale au revenu
des ménages
% du total
partiel
% du total
général
SECTEUR PRIVÉ
Transformation du poisson
72,1 272,4
35,6
33,2
Ports 77,3
174,7
22,8
21,3
Construction de navires et
 d'embarcations
63,5 158,1
20,7
19,3
Pêche traditionnelle
63,0
63,0
8,2
7,7
Aquaculture 32,6
54,7
7,2
6,7
Traversiers 9,8
14,4
1,9
1,8
Écotourisme 8,1
13,4
1,7
1,6
Construction maritime
5,9
10,5
1,4
1,3
Recherche et services connexes 1,4
2,3 0,3 0,3
Technologie marine
1,0
1,4
0,2
0,2
Total partiel
334,7
764,9
100,0
93,1
SECTEUR PUBLIC
Pêches et Océans Canada
22,2
38,0
67,5
4,6
Pêches et Aquaculture, N.-B.
7,7
10,3
18,3
1,3
Environnement Canada
4,4
7,5
13,3
0,9
Environnement, N.-B.
0,2
0,5
0,9
(a)
Total partiel
34,5
56,3
100,0
6,9
Total général
369,2
821,2
100,0
(a) Moins de 0,05 %. Il est possible que les totaux ne donnent pas 100 % à cause de l'arrondissement des données.
 Source : calculs effectués par Mandale Consulting, Canmac Economics Ltd. 
Valeur des ressources associées à la mer
60
Diagramme 3.2. Le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
Impact sur le revenu des ménages, moyenne de 1995, 1996 et 1997
(classement par sous-groupes selon l'impact total)



Valeur des ressources associées à la mer
61
3.4
Impacts sur l'emploi
Le nombre total d'emplois créés par le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
reflète l'impact sur le revenu des ménages (tableau 3.3 et diagramme 3.3). En moyenne,
 pour 1995, 1996 et 1997, les secteurs privé et public comptaient au total 26 553 emplois,
 ce qui représente 8,5 % du nombre total d'emplois au Nouveau-Brunswick
13
. Dans la
province, près d'un emploi sur douze peut retracer son origine directement ou
 indirectement au secteur maritime.

Les secteurs privé et public se classent dans le même ordre en ce qui concerne
l'emploi et le revenu des ménages. Dans le secteur privé, la transformation du poisson
 arrive en premier, suivie des ports, de la construction de navires et d'embarcations, puis
 de la pêche traditionnelle et de l'aquaculture. La moitié de tous les emplois des industries
 privées se trouve dans les secteurs associés à la pêche et 43 % dans les ports et la
 construction de navires. Plusieurs industries, dont les ports et la construction de navires
 et d'embarcations, ont des impacts indirect et induit particulièrement impressionnants.
 Par exemple, pour chaque emploi créé dans le secteur de la construction de navires, 2,4
 emplois sont créés dans d'autres industries. Dans le cas des ports, le rapport (ou le
 multiplicateur) est de 1,3 emploi créé pour chaque emploi direct. L'aquaculture et
 l'écotourisme ont également des multiplicateurs importants.

13 Cette proportion est faible parce que le nombre total d'emplois tel qu'indiqué par l'Enquête sur la
 population active
 ne fait pas la distinction entre les emplois à temps plein et les emplois à temps partiel.
 L'analyse du présent rapport inclut le travail à temps partiel seulement en tant qu'équivalents temps plein.
Valeur des ressources associées à la mer
62
Tableau 3.3. Le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
Impact sur l'emploi, moyenne de 1995, 1996 et 1997
(classement par sous-groupes selon l'impact total)
Nombre d'emplois
directs
Nombre total
d'emplois
% du total
partiel
% du total
général
SECTEUR PRIVÉ
Transformation du poisson
4 475
7 031
28,2
26,5
Ports
2 696
6 115
24,5
23,0
Construction de navires et
 d'embarcations
1 369
4 690
18,8
17,7
Pêche traditionnelle
3 492
3 492
14,0
13,2
Aquaculture
1 222
2 048
8,2
7,7
Traversiers 424
585
2,3
2,2
Écotourisme 290
498
2,0
1,9
Construction maritime
189
350
1,4
1,3
Recherche et services connexes
56
88
0,4
0,3
Technologie marine
30
43
0,2
0,2
Total partiel
14 243
24 940
100,0
93,9
SECTEUR PUBLIC
Pêches et Océans Canada
613
1 168
72,4
4,4
Pêches et Aquaculture, N.-B.
141
232
14,4
0,9
Environnement Canada
89
198
12,3
0,7
Environnement, N.-B.
4
15
0,9
(a)
Total partiel
847
1,613
100.0
6.1
Total général
15,090
26,553
100.0
(a) Moins de 0,05 %. Il est possible que les totaux ne donnent pas 100 % à cause de l'arrondissement des données.
 Source : calculs effectués par Mandale Consulting, Canmac Economics Ltd. 
Valeur des ressources associées à la mer
63
Diagramme 3.3. Le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
Impact sur l'emploi, moyenne de 1995, 1996 et 1997
(classement par sous-groupes selon l'impact total)


Valeur des ressources associées à la mer
64
3.5
Sommaire de l'impact total
L'impact économique total du secteur maritime du Nouveau-Brunswick est
résumé au tableau 3.4. La contribution de toutes les industries et de tous les ministères
 réunis représente 7,2 % du PIB total du Nouveau-Brunswick, 9,2 % du revenu des
 ménages et 8,5 % de l'emploi. Presque toute cette contribution provient du secteur privé
 (95 % pour le PIB, 93 % pour le revenu des ménages et 94 % pour l'emploi). Cette
 situation diffère complètement de celle de la Nouvelle-Écosse où une proportion
 beaucoup plus importante du secteur maritime dépend du secteur public, ce qui est
 considérablement influencé par le fait que Halifax sert de base à la plus grande partie de
 la marine canadienne
14
.

Le secteur privé se divise assez nettement en deux groupes. Les cinq industries
les plus grosses sont dominées par la transformation du poisson, les ports et la
 construction de navires et d'embarcations, avec une contribution importante de la pêche
 traditionnelle et de l'aquaculture. Parmi les cinq industries plus petites, certaines ont un
 bon potentiel : l'écotourisme, la technologie marine et les services de recherche.

Le tableau 3.4 classe toutes les activités associées à la mer selon leur importance
et non selon leur appartenance aux sous-groupes « secteur privé » et « secteur public »
 comme dans les tableaux 3.1 à 3.3. Nous voyons ainsi que le MPO se classe sixième et
 que le ministère des Pêches et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick se classe
 dixième. Encore une fois, l'importance des fonctions de gestion, de réglementation, de
 sécurité et de promotion de ces ministères est mise en évidence.

Nous devons insister sur le fait que le secteur maritime est dynamique et en
évolution. Par exemple, la construction de navires subit actuellement un déclin marqué et
 si le présent exercice était effectué avec les données provenant des années postérieures à
 1997, ce secteur serait moins proéminent. De même, l'impact des traversiers a diminué
 depuis la période analysée dans le présent projet et toute mise à jour des données ferait
 apparaître ce fait. D'un autre côté, l'aquaculture a encore un potentiel de croissance, tout
 comme d'autres petites industries susmentionnées. L'activité du secteur public est moins
 variable, mais même dans ce domaine, les budgets ont été réduits au cours des années
 1990, à une époque où les pressions exercées sur les ressources marines ont augmenté.

14 Voir Mandale Consulting et al., op cit.
Valeur des ressources associées à la mer
65
Tableau 3.4. Le secteur maritime au Nouveau-Brunswick
Sommaire de l'impact économique total (moyenne de 1995, 1996 et 1997)
Contribution
 totale au PIB
Contribution
totale au revenu
des ménages
Nombre total
d'emplois
Rang général
(a)
- millions de $ -
Transformation du poisson
359,9
272,4
7 031
1
Ports 140,9
174,7
6
115
2
Construction de navires et
 d'embarcations
232,1 158,1
4
690
3
Pêche traditionnelle
98,2
63,0
3 492
4
Aquaculture 88,0
54,7
2
048
5
Pêches et Océans Canada (b)
30,5
38,0
1 168
6
Traversiers 22,4
14,4
585
7
Écotourisme 17,1
13,4
498
8
Construction maritime
12,0
10,5
350
9
Pêches et Aquaculture, N.-B. (b)
11,6
10,3
232
10
Environnement Canada (b)
6,6
7,5
198
11
Recherche et services connexes
3,2
2,3
88
12
Technologie marine
8,4
1,4
43
13
Environnement, N.-B. (b)
0,3
0,5
15
14
TOTAL DU SECTEUR PRIVÉ
982,2
764,9
24 940
TOTAL DU SECTEUR PUBLIC
49,0
56,3
1 613
TOTAL GÉNÉRAL
1 031,2
821,2
26 553
Total pour l'économie du N.-B.
14 295,3
8 945,0
314 000
Secteur maritime comme % de
 l'économie du N.-B.
7,2 9,2
8,5
(a) Le rang général est obtenu simplement en faisant le total des rangs des différents indicateurs.
 (b) Secteur public.
 Source : calculs effectués par Mandale Consulting, Canmac Economics Ltd. 
Il est instructif de diviser autrement les données sur l'impact indiquées au
tableau 3.4, afin de montrer l'importance relative des industries du secteur privé qui
 dépendent de la mer en tant que ressource et de celles qui utilisent la mer comme moyen
 de fonctionnement ou de transport. C'est ce que montre le tableau 3.5.
Tableau 3.5. Le secteur maritime : répartition de l'impact total entre les industries privées
tributaires et non tributaires des ressources (moyenne de 1995, 1996 et 1997)
Contribution
 totale au PIB
Contribution totale au
revenu des ménages
Nombre total
d'emplois
- millions de $ -
(% du total)
- nombre -
(% du total)
Industries tributaires des ressources (a)
563,2
(57,3)
403,5
(52,8)
13 069
(52,4)
Industries non tributaires des
 ressources (b)
419,0
(42,7)
361,4
(47,2)
11 871
(47,6)
(a) Transformation du poisson, pêche traditionnelle, aquaculture et écotourisme.
 (b) Autres industries privées.
 Source : calculs effectués par Mandale Consulting, Canmac Economics Ltd. 
Selon tous les indicateurs du tableau 3.5, les industries tributaires des ressources
représentent plus de la moitié de l'activité et, étant donné un certain déclin dans les
Valeur des ressources associées à la mer
66
industries non tributaires des ressources (construction de navires et traversiers, par
 exemple), cette part aura augmenté depuis la période analysée. Cette proportion pourrait
 également augmenter si on tient compte du fait que certaines industries non tributaires
 des ressources, telle la construction d'embarcations et la construction maritime, vendent
 une grande partie de leur production à des industries tributaires des ressources.

Finalement, nous pouvons diviser les données sur l'impact entre les industries
privées tributaires des ressources et les industries privées non tributaires des ressources,
 selon le principal bassin hydrographique. Nous utilisons pour ce faire la répartition
 proportionnelle employée pour les chiffres sur la production brute au tableau 2.16, page
 37, et nous les appliquons à l'impact total sur le PIB comme au tableau 3.5 ci-dessus.
 Les résultats sont montrés au tableau 3.6.
Tableau 3.6. Répartition de l'impact total sur le PIB entre les industries privées tributaires
et non tributaires des ressources, selon le bassin hydrographique
(moyenne de 1995, 1996 et 1997)
Baie de Fundy
Golfe du
Saint-Laurent
Nouveau-Brunswick
- millions de $ -
(% du total)
Industries tributaires des ressources (a)
186,4
(33,1)
376,8
(66,9)
563,2
(100,0)
Industries non tributaires des ressources (b)
301,3
(71,9)
117,7
(28,1)
419,0
(100,0)
(a) et (b) Voir les notes du tableau 3.5 ci-dessus.
 Source : calculs effectués par Mandale Consulting, Canmac Economics Ltd. 


La qualité du milieu marin est importante pour les deux bassins hydrographiques,
celui du golfe du Saint-Laurent et celui de Fundy, mais particulièrement pour le premier.
 Les deux tiers (66,9 %) du PIB sont attribués aux industries qui seraient touchées
 négativement par toute détérioration du milieu marin dans cette région. Toutefois, il
 serait également possible que les industries tributaires des ressources de la baie de Fundy
 soient plus exposées à cause de la présence prédominante des industries insensibles à
 l'environnement (non tributaires des ressources).

La qualité du milieu marin est donc essentielle à la majorité des activités des
industries privées qui forment la plus grande partie du secteur maritime du
 Nouveau-Brunswick, que l'on mesure en termes de produit intérieur brut, de revenu des
 ménages ou d'emploi. Les décisions sur la gestion des utilisations du milieu marin, et les
 ressources qui y sont consacrées, doivent tenir compte de ce secteur producteur d'activité
 économique au Nouveau-Brunswick.
Valeur des ressources associées à la mer
67
Chapitre quatre
Conclusions

L'équipe de recherche a utilisé pour le présent projet des techniques d'évaluation
de l'impact économique pour estimer l'importance du secteur maritime dans l'économie
 du Nouveau-Brunswick. En définitive, pour savoir si elle a atteint ou non ses objectifs, il
 faut connaître la fiabilité des données utilisées. L'équipe croit avoir réussi, mais cela
 n'élimine pas le besoin de poursuivre le travail pour améliorer les techniques de collecte
 des données et d'estimation, et pour inclure des activités qui sont présentement laissées
 de côté à cause de la difficulté d'obtenir des données même très brutes.

La conclusion évidente qui découle du présent travail est que la contribution du
secteur maritime à l'économie du Nouveau-Brunswick est importante, qu'elle soit
 mesurée en termes de PIB, de revenu des ménages ou d'emploi. L'impact économique
 total de toutes les industries privées et des ministères gouvernementaux analysés révèle
 que le secteur maritime représente 7,2 % du PIB du Nouveau-Brunswick, 9,2 % du
 revenu des ménages, et 8,5 % du nombre total d'emplois. Ces pourcentages se traduisent
 par des valeurs de plus de un milliard de dollars pour le PIB et de 821 millions de dollars
 pour le revenu des ménages, et par 26 553 emplois. La très grande majorité de cette
 activité (environ 95 %) se produit dans le secteur privé. Les activités économiques et, en
 fait, les économies elles-mêmes, sont dynamiques et soumises à des changements,
 souvent en réaction à des chocs externes. Le secteur maritime est particulièrement
 vulnérable à cet égard, puisqu'il est soumis à des forces naturelles en plus des forces du
 marché.

Les industries privées qui dépendent de la mer en tant que ressource ou qui
l'utilisent comme moyen de transport ou d'exploitation sont très diverses. Les industries
 associées à la pêche : la pêche traditionnelle, la transformation du poisson et
 l'aquaculture, sont les plus importantes. La construction de navires et d'embarcations
 joue également un rôle considérable, de même que les ports. Parmi les industries de
 moindre envergure, notons les services de traversiers, la construction maritime,
 l'écotourisme, la recherche marine et la technologie marine. Bien qu'elles occupent une
 place assez limitée, certaines de ces industries offrent un grand potentiel de croissance.

Le secteur maritime du Nouveau-Brunswick comprend deux parties distinctes,
une qui dépend du sud du golfe du Saint-Laurent et l'autre de la baie de Fundy. Certaines
 industries sont plus importantes dans l'une de ces régions que dans l'autre. Ainsi, la
 pêche traditionnelle et la transformation du poisson occupent une plus grande place dans
 le golfe du Saint-Laurent, et l'aquaculture dans la baie de Fundy. Toutefois, dans
 l'ensemble, les activités sont réparties à peu près également entre les deux régions, le
 golfe ayant un léger avantage (environ 57 % de la production brute). Les industries
 privées tributaires des ressources (les industries associées à la pêche et l'écotourisme)
 représentent plus de la moitié de l'impact en termes de PIB, de revenu et d'emploi. Par
 conséquent, plus de la moitié du secteur maritime a besoin d'un milieu marin de qualité
 élevée pour maintenir sa contribution à l'économie provinciale.
Valeur des ressources associées à la mer
68
Le rôle du gouvernement dans la conservation, la réglementation et la gestion des
ressources marines et des industries privées qui se développent autour de ces ressources
 est crucial. La présence gouvernementale la plus importante dans le secteur maritime du
 Nouveau-Brunswick est celle du ministère des Pêches et des Océans. Ce n'est pas
 étonnant étant donné la profondeur et l'ampleur de son mandat, son orientation maritime
 (le Ministère joue le rôle principal dans l'application de la Loi sur les océans), et la
 récente intégration de la garde côtière à ses responsabilités. La participation de ce
 ministère et d'autres ministères fédéraux et provinciaux à la gestion des ressources
 marines renforce le fait que les marchés commerciaux ne représentent qu'une partie du
 secteur maritime et qu'il faut tenir compte de la perspective plus vaste de la société au
 moment de prendre des décisions relativement à l'utilisation de cette ressource vitale.

La gestion d'une ressource de cette importance exige la participation du
gouvernement afin de veiller à ce que les industries qui en dépendent puissent être
 maintenues et que les systèmes naturels puissent être conservés. Les ministères fédéraux
 et provinciaux ont tous un rôle à jouer et ils devraient réviser régulièrement leur rôle afin
 de veiller à ce qu'il reste pertinent et approprié. La coopération entre les ministères
 devrait réduire ou supprimer le dédoublement des efforts.

Toutes les industries et tous les ministères décrits et analysés dans le présent
rapport ont une chose en commun ­ ils sont associés à la mer. Ceci met en évidence un
 aspect général de la présente recherche, le besoin de dépasser les réalisations du présent
 projet (essentiellement un exercice de comptabilité économique) pour atteindre un
 nouveau paradigme de développement. Les systèmes économiques évoluent vers les
 entreprises fondées sur les connaissances. Ainsi, la source de l'avantage concurrentiel se
 trouve de plus en plus non pas dans la recherche du poisson lui-même, mais plutôt dans
 de nouvelles façons, fondées sur les connaissances, d'utiliser l'aquaculture pour élever et
 récolter le poisson. Une manière de plus en plus populaire d'effectuer ceci consiste à
 établir une grappe d'industries et d'autres établissements (universités, gouvernements),
 avec des liens proches et fréquents entre chaque partie de cette grappe. De cette façon,
 une grappe de développement économique et industriel activée par l'innovation
 commence à se développer, et lorsqu'elle atteint sa masse critique, elle peut être un outil
 de progrès efficace. Ce processus n'est pas facile à réaliser, mais l'expérience d'autres
 parties du monde donne à penser que cela peut être fait. Il est évident que le
 Nouveau-Brunswick devrait développer une grappe d'industries animées par l'innovation
 et centrées sur les ressources marines, et que cet aspect devrait être étudié plus en
 profondeur.

Le fait que la présente recherche constitue un exercice de comptabilité
économique mérite une attention particulière non pas pour les résultats qu'elle a permis
 d'obtenir, mais plutôt pour ceux qu'elle ne permet pas d'obtenir. La croissance
 économique ne va pas sans coût, mais dans bien des cas, ces coûts ne sont pas reflétés
 dans les marchés (payés), ils s'expriment par la pollution, la dégradation de
 l'environnement, et la perte d'habitats. De plus, il y a fréquemment un coût social qui se
 mesure par la perte de communautés, par exemple si un stock de poissons d'une espèce
 commerciale s'effondre et entraîne avec lui la disparition des emplois et des revenus qui
Valeur des ressources associées à la mer
69
provenaient de la capture ou de la transformation de ce poisson. On commence à voir
 apparaître un type de science économique qui tient compte de ces coûts. Il pourrait être
 très utile pour le Canada, et en particulier pour le Canada atlantique, de développer ce
 type de comptabilité globale qui incorpore à la fois la science économique,
 l'environnement et la société, et de devenir un chef de file dans l'utilisation de méthodes
 innovatrices d'analyse des ressources associées à la mer.

Si le Nouveau-Brunswick veut maintenir et soutenir tout progrès économique
fondé sur le milieu marin, il doit s'intéresser constamment au développement de
 nouveaux produits et marchés fondés sur les activités marines, mais aussi à la ressource
 elle-même, au milieu naturel qui rend ces activités possibles : la mer.
 
Valeur des ressources associées à la mer
70
ANNEXE A
Sommaire et brève analyse
de la qualité des données
Valeur des ressources associées à la mer
71
ANNEXE A
SOMMAIRE ET BRÈVE ANALYSE DE LA QUALITÉ DES
DONNÉES
L'équipe de recherche s'est efforcée d'être le plus transparente possible en ce qui
concerne les données du présent projet et plus particulièrement les méthodes
 d'estimation. Lorsque les données ont été jugées moins fiables ou plus difficiles à
 obtenir que souhaité, l'équipe l'a noté. Le tableau qui suit résume certaines de ces
 réserves, et il montre tant l'intégrité des pistes de vérification que la nécessité de
 poursuivre la recherche pour améliorer la qualité des données.

Pour chaque secteur, les données reçoivent une note, « A », « B » ou « C », qui
vise à résumer leur qualité du point de vue de la précision et de l'accessibilité ou de la
 disponibilité. Au besoin, l'équipe a combiné les notes (« A/B », « B/C »). L'attribution
 d'une note plus faible ne doit en aucune façon être interprétée comme un commentaire
 négatif sur la source ou sur les personnes qui ont fourni les données à l'équipe. Elle
 montre simplement la difficulté d'obtenir une image exacte des industries du secteur
 maritime. L'équipe a attribué les notes en fonction de sa familiarité avec les données et
 elle les a modifiées sur la recommandation des réviseurs, en tenant compte des facteurs
 suivants :
·
Un « A » s'applique à des données facilement disponibles, d'une grande qualité,
 qui se trouvent dans des documents publiés. Les séries régulières de données,
 recueillies et publiées fréquemment, ont habituellement reçu cette note.
·
Un « B » indique une certaine réserve tant en ce qui concerne la qualité des
 données que leur disponibilité. Les données peuvent par exemple être fournies
 par une seule enquête effectuée à l'occasion ou de façon irrégulière, à partir de
 laquelle des extrapolations peuvent avoir été faites pour caractériser l'année
 repère.

·
Un « C » indique des réserves plus importantes, par exemple si les données ne
 peuvent être obtenues que sur demande spéciale et qu'il faut un effort particulier
 au sein des organismes de collecte pour réunir les renseignements nécessaires, ou
 bien lorsque les techniques d'estimation exigent des hypothèses assez fortes en
 l'absence de meilleures connaissances ou preuves.
Secteur
Évaluation de la
qualité

Secteur privé
 Pêche traditionnelle
 Aquaculture

A
 A
Valeur des ressources associées à la mer
72
Transformation du poisson
 Construction de navires et d'embarcations
 Technologie marine
 Traversiers
 Écotourisme
 Construction maritime
 Ports
 Recherche et services connexes

 Secteur public
 Ministère des Pêches et de l'Aquaculture, N.-B.
 Ministère de l'Environnement, N.-B.
 Pêches et Océans Canada
 Environnement Canada
A
B/C
C
B/C
C
A
B/C
 B/C


B/C
 B/C
 B/C
 B/C
Les notes sont attribuées par secteur et non par séries de données. Par
conséquent, une note réfère à la qualité ou à la disponibilité des données d'un secteur
 entier, même si la qualité ou la disponibilité d'une ou de plusieurs des quatre séries
 d'indicateurs clés pourrait être meilleure ou moins bonne que celle de l'ensemble.

L'attribution de ces notes vise, entre autres, à montrer où il faudra faire des efforts
pour les prochains projets de ce genre.

Sources des données
 Pêche traditionnelle
Les données sur la valeur des débarquements et sur le nombre d'emplois directs
proviennent du ministère des Pêches et des Océans qui prépare un rapport sur les
 pêcheurs à temps plein et à temps partiel. Les résultats montrent 1 771 personnes à temps
 plein et 5 439 personnes à temps partiel en 1997. La qualité des données sur la
 conversion entre les pêcheurs à temps partiel et les équivalents temps plein n'est pas
 disponible. Nous avons utilisé un rapport prudent de quatre pour un dans nos résultats, ce
 qui nous a donné une estimation de 3 131 équivalents temps plein.

Les données sur la masse salariale directe proviennent des statistiques relatives à
l'impôt sur le revenu des particuliers de Revenu Canada pour diverses années. Le revenu
 brut de la pêche est de 125,8 millions de dollars, d'où découle le chiffre de la masse
 salariale. La masse salariale brute surestime la masse salariale réelle parce qu'elle inclut
 les indemnités pour frais.
Aquaculture
Les données sur les ventes de l'aquaculture proviennent directement du ministère
des Pêches et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick. Elles portent principalement sur
 la production de saumon qui fournit la meilleure série chronologique. Nous avons
 augmenté ces chiffres de 5 % pour tenir compte de la truite et des autres produits, tel
Valeur des ressources associées à la mer
73
qu'indiqué dans l'étude Canadian Aquaculture Industry Profile and Labour Market
 Analysis
 de l'Alliance de l'industrie canadienne de l'aquiculture.
 
Les données sur l'emploi et sur la masse salariale sont faibles. Nous avons utilisé
les données fournies par l'Alliance de l'industrie canadienne de l'aquiculture dans son
 étudeCanadian Aquaculture Industry Profile and Labour Market Analysis. Nous
 avons obtenu nos estimations en appliquant aux données sur les ventes des années 1995,
 1996 et 1997, les rapports entre emploi et masse salariale.

Transformation du poisson
La valeur de la production est tirée du catalogue n
o
31-203 de Statistique Canada,
Industries manufacturières du Canada : niveau national et provincial. Nous avons
 utilisé les livraisons totales. Les valeurs indiquées ici sont considérées être les
 estimations les plus fiables de la production de ce secteur. Les valeurs sont au « prix
 départ usine », c'est-à-dire qu'elles ne tiennent pas compte des coûts du transport.

Les données sur la masse salariale et sur l'emploi correspondent aux totaux
rapportés dans le catalogue n
o
31-203 de Statistique Canada.
Construction de navires et d'embarcations
Les données sur les ventes proviennent de deux sources. Les données sur les
livraisons de la construction d'embarcations pour 1995 sont tirées du catalogue n
o
31-203
de Statistique Canada, mais les données des années subséquentes ne sont pas publiées
 pour des raisons de confidentialité. Nous avons supposé qu'elles étaient constantes, au
 niveau de 1995. Les données sur la production de la construction de navires ont été
 fournies par l'entreprise Saint John Shipbuilding Limited pour les années 1995 à 1997.
 Les données sur l'emploi et sur la masse salariale proviennent de ces mêmes deux
 sources.

Technologie marine
Il a été difficile d'obtenir les données sur les ventes, sur l'emploi et sur la masse
salariale directe. Ce secteur est trop petit pour que Statistique Canada puisse être une
 source. Nous avons pu obtenir une liste des entreprises de technologie marine d'une base
 de données préparée pour le ministère fédéral des Pêches et des Océans ­ industries
 océaniques du Canada, décembre 1998. Nous avons alors préparé des estimations en
 utilisant comme guide le Répertoire des fabricants et des services choisis à l'industrie
 (1998)
. Nous avons finalement appliqué le rapport entre la moyenne des livraisons du
 Nouveau-Brunswick et le nombre d'emplois, et le rapport entre la masse salariale et le
 nombre d'emplois. Le résultat final a donné l'estimation des ventes, de la masse salariale
 et de l'emploi.

Services de traversiers
Les données sur la production, sur l'emploi et sur la masse salariale ne se trouvent
pas dans des documents publiés. Nous nous sommes fiés sur les estimations obtenues
 directement des sources. Plus précisément, Marine Atlantic S.C.C. a fourni des
Valeur des ressources associées à la mer
74
estimations du coût total des opérations, ce que nous avons pris comme mesure de la
 production, de la masse salariale et de l'emploi pour la période de 1995 à 1997.
Services de construction maritime
Les données sur la production sont publiées dans le catalogue n
o
61-223 de
Statistique Canada, Dépenses en immobilisations par type d'actif. Nous avons estimé le
 nombre d'emplois et la masse salariale en appliquant les rapports entre la masse salariale
 et la construction totale disponibles dans le modèle d'entrées-sorties et en appliquant le
 salaire moyen du secteur de la construction au Nouveau-Brunswick aux données sur la
 masse salariale pour obtenir le nombre d'emplois.
Ports
Notre mesure de remplacement pour la production est le mouvement des
cargaisons. Les données à ce sujet sont publiées dans le catalogue n
o
15-203 de
Statistique Canada. Les données sur l'emploi et sur la masse salariale pour le port de
 Saint-Jean, pour l'année 1995, ont été obtenues directement de cet organisme. Nous
 avons ensuite estimé les données de 1996 et de 1997 en utilisant les rapports de 1995
 entre le nombre d'emplois et les cargaisons, et entre la masse salariale et les cargaisons.

Écotourisme
Comme nous l'avons signalé dans le présent rapport, les données sur
l'écotourisme associé à la mer sont pratiquement inexistantes. Nous avons donc eu
 recours à des méthodes indirectes pour estimer la production, l'emploi et la masse
 salariale. Nous avons utilisé les données publiées et nous avons posé des questions
 directement à Parcs Canada. Les données sur la production sont dérivées des dépenses
 directes des visiteurs et des dépenses de fonctionnement des parcs. Les premières étaient
 disponibles sous forme de dépenses par visiteur dans le National Parks Economic Impact
 Report
 préparé par Gardner Pinfold Consulting Economists. Le nombre total de visiteurs
 pour les années 1995, 1996 et 1997, a été trouvé sur le site Web de Parcs Canada. Les
 données sur les dépenses de fonctionnement et sur la masse salariale ont été obtenues
 directement du service des finances de Parcs Canada, région de l'Atlantique.

Recherche et services connexes
Les données sur la production, sur l'emploi et sur la masse salariale ont été
obtenues au cours des entrevues et dans les rapports annuels des divers organismes de ce
 secteur, dont les principaux sont le Centre des sciences de la mer Hunstman, le Conseil
 de la recherche et de la productivité et l'Université de Moncton.
Pêches et Océans Canada
Les données sur la production, sur l'emploi et sur la masse salariale concernent
les dépenses du MPO au Nouveau-Brunswick. Elles sont fondées sur les estimations
 établies à partir des entrevues effectuées dans la région des Maritimes, à la Division de
 l'analyse et de la planification financière.
Environnement Canada
Valeur des ressources associées à la mer
75
Les données sur la production, sur l'emploi et sur la masse salariale ont été
estimées à partir des entrevues effectuées avec les représentants du bureau
 d'Environnement Canada dans l'Atlantique.
Ministère des Pêches et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick
Les données sur la production, sur l'emploi et sur la masse salariale proviennent
des comptes publics du Nouveau-Brunswick et des entrevues effectuées avec les
 représentants du ministère des Pêches et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick.
Ministère de l'Environnement du Nouveau-Brunswick
Les données économiques proviennent des comptes publics et des entrevues
effectuées auprès des représentants du ministère de l'Environnement.
Valeur des ressources associées à la mer
76
ANNEXE B
Le modèle d'entrées-sorties du
Nouveau-Brunswick
Valeur des ressources associées à la mer
77
Annexe B
Le modèle d'entrées-sorties du Nouveau-Brunswick
L'approche que nous avons utilisée pour mesurer l'ensemble des effets directs,
indirects et induits associés au secteur maritime du Nouveau-Brunswick consiste à
 effectuer des simulations avec le dernier modèle d'entrées-sorties du
 Nouveau-Brunswick, préparé par Canmac Economics Ltd. L'analyse des entrées-sorties,
 ou l'analyse des échanges interindustriels, a été développée par l'économiste Wassily
 Leontief au cours des années 1930. Il s'agit d'une représentation empirique de la théorie
 générale de la production fondée sur la notion de l'interdépendance économique. Le
 premier tableau intrants-extrants (entrées-sorties) de Leontief montrait comment chaque
 secteur de l'économie dépend de tous les autres secteurs (y compris les ménages) qui
 doivent fournir ses facteurs de production ou acheter ses produits. Ceci est encore la
 caractéristique fondamentale de tous les modèles d'entrées-sorties. 

Dans un modèle d'entrées-sorties, chaque industrie de l'économie locale dépend,
en principe, de chacune des autres industries pour l'approvisionnement en produits
 intermédiaires. Le but ultime du modèle d'entrées-sorties est de suivre la transmission de
 la demande dans toute l'économie. Les opérations du modèle sont quelque peu limitées.
 Premièrement, les fonctions de production de l'industrie sont linéaires et les facteurs de
 production doivent être utilisés dans des proportions fixes. En d'autres mots, les
 économies et les déséconomies d'échelle ne sont pas permises parce qu'elles
 nécessiteraient des calculs complexes de fonctions non linéaires représentant des relations
 interindustrielles complexes évoluant rapidement. Deuxièmement, une hypothèse
 habituellement stricte utilisée par les modèles d'entrées-sorties est le fait que les prix et
 les salaires sont fixés et que l'approvisionnement en biens intermédiaires et en biens
 finaux est illimité. Troisièmement, il faut beaucoup de temps pour construire les modèles
 d'entrées-sorties et ceux ­ci peuvent refléter des relations économiques qui sont
 légèrement dépassées lorsqu'on les applique.

De nos jours, il existe des tableaux d'entrées-sorties pour environ quarante
économies nationales et le nombre de tableaux d'entrées-sorties locaux croît rapidement.
 Le Regional Science Institute peut fournir des tableaux d'entrées-sorties pour chaque état
 américain et pour de nombreuses régions plus petites. L'évolution des ordinateurs et le
 développement de méthodes de calcul efficaces permettent une grande part de
 désagrégation industrielle, ce qui donne des détails considérables sur les transactions
 économiques d'une économie et ce qui explique en partie la façon dont la demande se
 déplace dans l'économie. Ceci est souvent simulé sous forme de « choc », par exemple
 par une hausse ou une réduction de 10 % ou de 20 % de la demande.

Le modèle d'entrées-sorties décrit les impacts en termes d'effets directs, indirects
et induits. Dans le présent exercice, l'effet direct est défini comme étant la valeur totale
 de la production pour les secteurs côtiers précisés (à partir des données expliquées au
 deuxième chapitre du présent rapport). L'effet indirect est défini comme étant la valeur
Valeur des ressources associées à la mer
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totale de la production des autres industries du Nouveau-Brunswick qui fournissent les
 industries associées à la mer. Cet approvisionnement inclut les « fournisseurs des
 fournisseurs », c'est-à-dire que la demande de biens et services comprend à la fois les
 fournisseurs directs du secteur maritime et leurs fournisseurs. L'effet induit réfère à la
 production industrielle additionnelle qui survient lorsque les ménages dépensent à l'achat
 d'autres biens et services, dans l'économie du Nouveau-Brunswick, le revenu qu'ils ont
 gagné en travaillant pour les secteurs associés à la mer ou pour fournir des facteurs de
 production à ces secteurs (c'est-à-dire aux étapes de la production directe et indirecte).
 La valeur économique totale des secteurs côtiers est mesurée par la somme des ventes
 directes, indirectes et induites.

Le Canada atlantique, incluant le Nouveau-Brunswick, a une tradition enviable
dans l'utilisation et la production de modèles d'entrées-sorties. Grâce au travail de
 pionnier de Kari Levitt, le Canada atlantique a bénéficié des premiers modèles
 d'entrées-sorties spécifiques à une région ou à une province au Canada et même en
 Amérique du Nord. Les tableaux d'entrées-sorties du Nouveau-Brunswick ont été mis à
 jour en 1974, en 1979 et de nouveau en 1989. (La mise à jour de tableaux aussi
 imposants est une entreprise de taille.) Le dernier modèle d'entrées-sorties est soutenu
 par le ministère des Finances du Nouveau-Brunswick qui l'utilise activement pour
 l'analyse des politiques.
 
  Dernière mise à jour : 2005-09-06 Avis importants